"Si l'art n'a pas de patrie, les artistes en ont une." Camille Saint-Saëns

"Un seul rêve est plus puissant qu'un millier de réalités." J.R.R. Tolkien

Nouveau Monde 12 : avancement du numéro

NOUVEAU MONDE n°12 "Les Voyages Extraordinaires du Steampunk" : état d'avancement du numéro
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samedi 29 décembre 2012

Tournoi des Nouvellistes - Quart de finale n°1 : Solenne Pourbaix / Kristoff Valla



Vous trouverez ci-dessous le planning du tournoi actualisé. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.





Pour en savoir plus sur les auteurs, rien de mieux que de se rendre sur leur site / blog / page facebook. 
Pour connaître les adresses, 
rendez-vous à cet endroit.


Alizée Villemin a remporté le dernier duel, le 8ème huitième de finale,  en battant Mike Barisan. Bravo à elle, nous la retrouverons bientôt pour les quarts de finale.

C'est d'ailleurs à présent l'heure du premier de ces quarts de finale, 2ème tour du Tournoi des Nouvellistes. Lisez ou relisez les deux nouvelles et votez ensuite, grâce au module situé tout en bas de cet article, pour votre texte préféré. Vous avez une semaine, jusqu'au vendredi 04 janvier 2013, 23h59, pour voter. Celui qui aura obtenu le plus grand nombre de votes l'emportera et sera qualifié pour le tour suivant tandis que son concurrent sera éliminé.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ces nouvelles dans un commentaire, en fin d'article. Les auteurs attendent avec impatience vos retours sur leurs textes, c'est important et constructif pour eux. Pour cela, cliquez sur le titre de l'article pour voir ce dernier en entier et descendez jusqu'en bas. Un espace réservé aux commentaires s'y trouve.

Bonne lecture et bon tournoi à tous !  


Quart
de finale
n°1



 
The Last Day on Earth
de

22/03/2012 : C'est fabuleux ! Je viens de faire ma prise de sang et... je suis enceinte ! Cette fois c'est bon ! Après tout le mal qu'on s'est donné, les inséminations, les traitements hormonaux... Je suis enfin enceinte ! Naturellement, je préfère pour l'instant ne pas le dire à mes parents, Bertrand partage mon avis... On ne sait jamais. La dernière fois, ils étaient si heureux, la perte du bébé les avait presque plus traumatisés que moi.

J'espère qu'il n'y aura pas de soucis cette fois-ci. Après deux fausses couches, même si là, je suis bien mieux suivie et entourée, je ne peux m'empêcher d'avoir peur. Mais le médecin me l'a dit, quand je serai enceinte de trois mois, on pourra se détendre. Je lui confiance, elle est très douée. 

J'espère aussi que ça ne posera pas de soucis au travail. Depuis qu'on a changé de patronne pour un patron, je suis un peu méfiante. Il n'avait pas l'air très sympathique et j'ai un peu peur qu'il me renvoie. Bertrand dit qu'il peut toujours essayer, s'il fait ça, il le colle devant le juge ! Je trouve ça amusant ! J'imagine bien mon super héros de mari du haut de son petit mètre soixante-dix avec ses cheveux blonds et sa gueule d'ange, attraper mon gros patron adipeux par sa queue-de-cheval pour le traîner au tribunal ! Hihi ! 

En tout cas, je l'ai rarement vu aussi heureux. Il faut dire que vu l'ambiance à son travail dernièrement, je comprends que la moindre bonne nouvelle ou à peu près peut-être bonne nouvelle le réjouisse à ce point. Il sait se raccrocher aux petites choses... Petite chose qui arrachera la tapisserie et fera pipi partout. Oui, si cette fois ma grossesse se passe encore mal, nous prendrons un chiot !


02/05/2012 : Dernièrement j'ai mis les bouchées doubles au travail pour me faire bien voir de mon patron. Malheureusement, je commence à avoir du ventre et cet imbécile m'a dit : « J'espère que vous ne faites que de l'aérophagie, madame Imbert ! Il serait dommage qu'un congé trop long me force à vous remplacer ! » Ça m'a sciée ! « Mais bien sûr monsieur François Maison, il me suffira de chier sur votre bureau et j'irai tout de suite mieux ! » … Bien entendu, je ne lui ai pas du tout répondu ça mais ça m'aurait vraiment soulagée ! Dans tous les sens du terme ! 

Enfin, au moins une bonne nouvelle, j'ai passé une échographie de contrôle et... tout va très bien ! Bertrand était le plus heureux des hommes ! Je le retrouvais comme il y a dix ans quand on flirtait au lycée ! Les yeux pétillants, le sourire radieux. Il a absolument voulu appeler ses parents en premier ! Ils étaient très heureux mais son père préfère rester un peu sur la réserve. C'est amusant, quand je le leur ai appris, c'était plutôt ma mère qui était réservée. Je les comprends, ils ont peur que l'on soit encore tous bouleversés si on devait le perdre. C'est un risque que n'a pas écarté le docteur, mais pour elle, tout se passera bien si on garde un suivi régulier ! Je suis sur un petit nuage et j'ai l'impression que rien ne peut m'atteindre ! Même pas mon abruti de boss !


19/05/2012 : Il semblerait que regarder le journal régional ne soit pas une bonne idée quand on est enceinte. Alors que ça aurait du me laisser de marbre, une nouvelle m'a... fait pleurer. J'ai honte. Pourtant ce n'est rien du tout ! Il n'y a même pas eu de mort ! Même pas un chat écrasé ! Juste une voiture dont le toit a été transpercé par une météorite de deux centimètres ! C'est ridicule ! Mais voilà, ça s'est passé à une trentaine de kilomètres d'ici et je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que ça aurait pu être ma voiture ou celle de mon mari... Ou même l'un de nous deux ! Si un si petit machin a pu transpercer un toit de voiture, il devrait pouvoir transpercer un crâne ! Oh mon dieu quelle horreur, j'en ai des frissons partout. Je ne pourrai pas le perdre ! Je tiens bien trop à lui. Après tout ce que nous avons traversé ensemble, il m'a toujours soutenue, toujours aimée, j'ai trop besoin de lui ! Et voilà, je me remets à pleurer... Saloperies d'hormones ! Hier, j'ai même pleuré en regardant Die Hard ! C'est affreux !


15/06/2012 : Et voilà, nous avons pris confiance et acheté les premiers meubles de bébé ! J'ai pleuré à chaque fois qu'on me montrait une table à langer, un pyjama ou des petits chaussons ! Bertrand aussi pleurait mais lui c'était en voyant les étiquettes des prix ! Il est heureux bien sûr mais un peu moins ému que moi. Pour ma part, voir tout ça se concrétiser, me fait une drôle de sensation. Quand on a placé le lit dans la chambre, entre deux pots de peinture, que j'ai déballé les petits vêtements, je me suis sentie très perturbée. D'un seul coup, je me suis posée un millier de questions.

Et si je n'étais pas à la hauteur ? Si je ne savais pas gérer le stress ? Les nuits blanches ? Les couches ? Les pleurs ? Et pourtant j'ai déjà envie de le... ou la serrer dans mes bras, de voir ses mains minuscules serrer mes doigts, sa bouche minuscule téter mon sein, ses pieds minuscules s'agiter sous les chatouilles. Oh non, je pleure encore ! Quelle madeleine en ce moment ! 

Ma mère se moque de moi mais elle était pareille d'après mon père ! Eux aussi, d'ailleurs, ont eu ces doutes, mais il semblerait qu'ils ne m'aient pas jetée au fond d'un lac parce que je braillais trop. Selon maman, se poser toutes ces questions est un bon signe, elle est sûre que je serai une bonne maman, Bertrand un bon papa et elle, une encore meilleure grand-mère ! La mère de Bertrand d'ailleurs a dit qu'elle était bien trop jeune pour être grand-mère et qu'elle ne voulait pas être appelée mamie ! Elle plaisantait bien sûr mais du coup nous avons passé un long moment à trouver des surnoms idiots et nous avons bien ri ! Donc j'ai pleuré. Normal !


04/07/2012 : Je m'inquiétais un peu de ne pas sentir le bébé bouger alors que mon ventre devient de plus en plus... encombrant. Mais en fait, si, c'est bon, ça bouge ! Je suis rassurée ! C'est une sensation en même temps étrange, pas très agréable, et merveilleuse ! Mon bébé est vivant ! Il est vivant et il va bien ! Dans quelques mois il pleurera pour son biberon ou sa couche, il rampera après ses jouets, il passera son BAC (pour ça il y a encore un peu de temps), il nous mettra à l'hospice et paiera nos retraites ! C'est beau ! C'est l'avenir ! Quand je pense qu'un an plus tôt je ne croyais plus à rien, je ne pouvais même plus penser à avancer... Mon avenir se résumait à ma prochaine visite chez le gynéco... Je me sens revivre ! Bertrand a même parlé de refaire une lune de miel quand le bébé serait assez grand pour être confié à ses grands-parents. Lui qui n'avait plus parlé projet depuis ma première fausse couche... J'ai l'impression de redécouvrir que le monde existe et peut être merveilleux, coloré, parfumé, vivant... Comme si nous avions arrêtés de vivre jusqu'à présent. Je n'ai jamais été aussi heureuse ! Je pense déjà au petit frère ou la petite sœur alors que je ne connais même pas encore le sexe de celui-là !


J'ai encore pleuré ! C'est affreux ! Je regardais les infos, tranquillement, et ils ont parlé d'accidents. Il y a eu une pluie de météorites, ils nous en ont fait tout un foin, je ne sais plus pourquoi, mais en tout cas tout le monde était dehors... Et il y a eu deux morts dans la région ! Un homme tué en voiture car une météorite de cinq centimètres à traversé son capot, et un enfant qui regardait ça avec sa famille dans son jardin. Il est mort sur le coup c'est affreux ! Mes parents regardaient cette pluie d'étoiles filantes ! Ça aurait pu leur arriver ! Et depuis quand des foutus cailloux de l'espace nous tombent dessus comme ça ? Aussi souvent ? Quand je pense qu'une famille vient d'être décimée par un fichu caillou ! DEUX familles ! Mais perdre son enfant ainsi, dans un moment de joie... leur peine doit être immense. Si ça nous arrivait à nous, je ne sais pas si je pourrai me relever. Une fausse couche c'est terrible mais au moins, on n'a pas le temps de construire quoi que ce soit avec l'enfant... enfin... l'embryon. Mais là, c'est affreux, il avait neuf ans ce petit garçon ! Il avait toute la vie devant lui ! Toute la vie devant lui... Quelle expression idiote... La preuve que non il ne l'avait pas. C'est injuste et terrible... déjà que Bertrand me dit que je serai une mère poule, là, il est hors de question que mon enfant sorte sans casque ni armure !


28/07/2012 : Je suis un peu perplexe après mon échographie. Mais commençons par la bonne nouvelle ! Le bébé est en pleine forme, la maman aussi et... c'est une petite fille ! Le sourire du papa quand on nous l'a annoncé était merveilleux ! J'ai l'impression que depuis le début de ma grossesse, il a rajeuni de dix ans ! Il est tellement plus drôle, plus spontané, plus souriant... Plus beau, je suis retombée amoureuse de mon mari comme si je le voyais pour la première fois et que j'avais de nouveau quinze ans...

En revanche, ma joie a été de courte durée, très vite remplacée par un léger stress. La gynéco m'a dit qu'elle avait lu dans un journal sur internet que des scientifiques avaient repéré une énorme météorite, ou astéroïde, ou je ne sais plus quoi, qui approchait de la terre. Ils disent qu'elle pourrait percuter notre planète, comme la multitude de petites météorites depuis quelques mois. 

Je ne sais pas ce que vaut son information, si elle a vérifié ses sources, recoupé avec d'autres journaux peut-être plus sérieux, mais je commence à la connaître et elle est plutôt du genre sérieux. Je ne vois pas pourquoi elle dirait ça en l'air. Pour faire peur à une femme enceinte ? Je ne pense pas que ce soit dans son intérêt... Toujours est-il que depuis, plus j'y pense, et plus je me dis que c'est plausible. J'ai en effet trouvé quelques informations qui en parlent sur Internet mais il y a tellement de choses plus ou moins valables que je ne sais pas quoi en penser. 

Enfin peu importe ! Pour l'instant, ce qui me préoccupe c'est de savoir si je prends à ma fille une peluche de girafe ou d'éléphant pour lui donner comme doudou quand elle sera assez grande !


15/08/2012 : Je suis fatiguée en ce moment. Mon ventre commence à me gêner pour dormir... Sans parler de tous les joyeux à-côtés dont on oublie de nous parler... Les maux de ventre, les hémorroïdes, le besoin de faire pipi toutes les deux minutes... J'ai en plus l'impression d'être de moins en moins patiente. On recommence à s'engueuler avec Bertrand. Cette nuit, il a même dormi sur le canapé. Ce matin, je lui ai fait des excuses mais il a raison, je deviens odieuse avec tout le monde. Je suis angoissée. 

Pour rajouter aux joyeusetés, papa a fait un AVC et a été hospitalisé, heureusement à temps, il n'a pas de séquelles, mais on a tous eu très peur et j'avoue qu'encore maintenant, même s'ils nous ont dit qu'il allait bien et pourrait sortir bientôt, le temps de passer quelques examens complémentaires, on ne sait jamais... Perdre mon père juste avant d'avoir mon bébé aurait été une épreuve que je n'aurai pas les épaules d'affronter. 

Épreuve d'ailleurs aussi de regarder les informations le soir. L'information sur la météorite était réelle. Ils en ont parlé mais ils ne savent pas si elle va heurter la terre ou la frôler. En tout cas, ils restent assez vague sur le sujet. On ne sait rien de sa taille, de la date d'impact éventuel, des moyens mis en œuvre pour l'arrêter ou la détourner... C'est ce qui fait croire à Bertrand que c'est grave. Il m'agace à être négatif comme ça...


30/08/2012 : Bon... Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais au journal, ils ont reparlé de cette météorite, ou comète, ou je ne sais quoi... Au début ils ont dit qu'elle devait frôler la terre alors j'avoue que je n'ai pas bien suivi le reste. J'étais un peu fatiguée... Mais Bertrand a suivi, lui, et il m'a dit qu'en fait, la météorite avait heurté quelque chose dans l'espace et dévié de sa trajectoire. Il dit qu'elle se dirige droit sur nous. Qu'elle va nous percuter. Elle devrait tomber en Europe, elle fait la taille de la France, ça devrait être un désastre. 

Je ne sais pas si j'y crois. Il a pu mal comprendre. Je ne vois pas pourquoi ils diraient ce genre de chose aux informations. Ça sèmerait la panique si c'était vrai. Peut-être qu'ils ont dit que ça aurait du arriver et qu'en fait, non... Je ne sais pas trop. Ça m'inquiète mais je n'ose pas aller vérifier sur Internet. J'y trouverai un millier de théories plus ou moins valables et ça ne ferait que m'angoisser pour rien. 

Pourtant, Bertrand semble vraiment nerveux. Il est collé à la fenêtre depuis vingt minutes. J'espère de tout cœur qu'il s'est trompé. Qu'il a mal interprété. Que c'est une mauvaise plaisanterie des journalistes... Je commence à avoir mal au ventre...


10/09/2012 : Ces derniers jours, j'ai tout entendu. Je dors à peine, je suis angoissée. Je n'y croyais toujours pas à cette nouvelle apocalyptique mais malheureusement, c'est vrai. Aujourd'hui, ils ont dit qu'ils allaient ouvrir des comptoirs partout pour distribuer des places dans des abris. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. J'ai entendu dire que les places seraient très limitées mais... Je suis enceinte. Je pourrai peut-être avoir une place pour Bertrand et moi ? Sinon qu'est-ce que ça voudra dire ? Qu'ils nous laisseront mourir dehors ? Combien de gens vont-ils sacrifier ? Dehors c'est déjà la guerre en ville. Des magasins sont pillés, des maisons cambriolées. Ici ça va, nous sommes à l'écart de tout, mais c'est vraiment inquiétant. Tant pis, je dois absolument trouver le moyen d'avoir des places !


12/09/2012 : Ils sont fous, ils sont tous fous ! C'est pire que la guerre dehors ! L'armée est partout dans les rues pour éviter les débordements. Il y avait à la mairie une queue de plusieurs milliers de personnes ! J'ai mis vingt-six heures avant d'être reçue. On m'a refusé la place. J'ai du insister, faire semblant d'avoir des contractions, un malaise... Ils m'ont emmenée à l'hôpital... L'infirmière qui s'est occupée de moi m'a dit que ce n'était pas normal, ils donnaient des places à presque toutes les femmes enceintes ! 

On a attendu encore quelques heures avant que quelqu'un de l'administration vienne me voir. J'ai du payer, mais j'ai obtenu deux places. Je ne pourrais pas sauver mes parents mais au moins, je serai à l'abri avec mon époux et ma fille. C'est tout ce qui compte. Une chose pareille... Je ne pourrai pas y survivre sans lui. Maintenant, il va falloir préparer quelques affaires, ne pas se faire voler les places, et... dire adieu à nos familles, notre maison, la chambre neuve d'Ernestine... Je ne réalise pas vraiment je crois. Moi qui pleurais tout le temps, je n'arrive pas à verser une larme.


20/09/2012 : Ça y est, les choses deviennent concrètes. Aux infos, ils n'arrêtent pas de nous parler des consignes de sécurité mais jamais des dégâts prévus. J'ai peur que ce soit la fin du monde connu, un peu comme les dinosaures avant nous. Ils restent trop vagues là-dessus pour que ce ne soit pas grave. Même au bout du monde, au Japon, en Amérique, en Australie, même là, il y a des états de panique... L'impact va être terrible. 

Dans les rues, c'est le chaos, l'armée a du mal à tout gérer, il y a des tirs parfois... J'ai peur... Mais nos affaires sont prêtes. Toute notre vie rangée dans un sac à dos. C'est terrible. Mais nous devons partir... Dire adieu à nos parents, nos frères et sœurs... Je vais chercher Bertrand. J'espère pouvoir de nouveau écrire dans ce journal quand nous sortirons du bunker.




La jeune femme rangea son cahier et son stylo bille dans son sac et monta au premier étage. Elle ouvrit doucement la chambre de sa fille et y trouva son époux, assit sur le sol, tenant dans ses mains la peluche de girafe qu'ils avaient achetée. Elle lui posa une main sur l'épaule et il ne se retourna pas, soupirant seulement. « Mon amour, nous devons y aller, nous avons beaucoup de route à faire. » Il soupira de nouveau et se leva, se tournant vers sa femme. Ses joues étaient baignées de larmes et elle l'enlaça, retenant ses propres pleurs. « Tu crois qu'on va s'en sortir ?

- Bien sûr mon cœur, nous avons des abris ! Pourquoi abriteraient-ils les gens si c'était inefficace ? » Il ne répondit pas. Elle aussi doutait mais elle ne pouvait pas l'admettre. S'ils craquaient tous les deux, ils n'avanceraient plus. Après tout le soutien qu'il lui avait apporté, elle pouvait bien être forte pour deux cette fois-ci.

Ils prirent quelques minutes pour dire adieu à la maison, à leur maison, qu'ils avaient fait construire ensemble, à leur image, pour eux, pour y fonder une famille, y vieillir et pourquoi pas y mourir. Mais ils allaient peut-être mourir bien plus tôt que prévu, loin de tout, avec la seule satisfaction d'être ensemble. Ils montèrent en voiture en silence, tristes, mornes, et s'éloignèrent sans se retourner, sans même un regard dans le rétroviseur, retenant leurs larmes... 


Les adieux à leurs proches furent plus rapides que prévus. Leurs deux familles s'étaient rassemblées dans la grande cave du père de Bertrand et ils avaient prévus de quoi survivre enterrés pendant quelques temps. Certains semblaient y croire mais les plus âgés n'étaient pas dupes. Les embrassades furent longues, les mots d'amour sincères, les larmes nombreuses, mais ils finirent par se séparer. Ils ne devaient pas arriver en retard. L'impact était prévu pour dix à quinze jours plus tard, déjà le ciel leur paraissait menaçant, et le bunker était loin, les routes difficilement praticables. Le père de Bertrand lui donna un revolver, au cas où ils seraient agressés sur la route, puis ils partirent enfin, la gorge nouée et le cœur serré. Ils ne les reverraient jamais... Ils le savaient. Si perdre un proche était toujours une épreuve terrible, là, ils avaient la sensation atroce de les abandonner. De les condamner à mort. Ils avaient bien pensé à leur donner les places mais à qui ? Lesquels sauveraient-ils, condamnant les autres ? Et puis... Elle était enceinte... Ils avaient eu tant de mal à avoir ce bébé, ils ne pouvaient pas se résoudre à le tuer pour préserver des personnes qui de toute façon mourraient bientôt de vieillesse... C'était dur et certainement très injuste mais ils n'avaient pas le choix.


Ils roulèrent presque deux jours, devant parfois faire demi-tour à cause des routes encombrées, dans un silence pesant. Parfois, Andréa murmurait un « Je t'aime » discret auquel son mari répondait par un sourire et une caresse sur sa joue. Ils ne rencontrèrent pas de pillards mais chaque fois qu'ils approchaient d'un groupe de personnes arrêtés au bord de la route, ils ne pouvaient s'empêcher d'avoir peur. Ça n'avait pas de sens, ils le savaient, on ne lisait pas sur le visage « Nous avons deux places pour le salut », mais l'angoisse les étreignait malgré tout. Ils dévisageaient tout le monde, cherchant chez eux à lire leurs mauvaises attentions. Ils ne s'arrêtèrent jamais. Ils ne prirent personne en stop, n'aidèrent aucun automobiliste en panne, ils roulaient sans s'arrêter. Ils finirent par arriver à une longue file d'attente encadrée par des chars et des jeeps de l'armée. Ils étaient à bon port. On leur fit signe de quitter leur véhicule et de se diriger à pied vers la zone d'entrée. 

Ils marchèrent, se tenant la main, n'osant lever les yeux vers le ciel bleu qui leur apportait tant de peur et de peine. Des centaines de personnes étaient là, beaucoup, sans place, qui tentaient leur chance malgré tout. Ils durent attendre des heures, debout dans la chaleur de cette fin d'été, Bertrand soutenant sa femme qui se fatiguait et avait parfois des vertiges. Elle ne se plaignait pourtant pas, eux au moins auraient une chance d'être sauvés, si petite soit-elle... 

Après une éternité, ils arrivèrent enfin devant le grand portail gardé par une quinzaine de militaires. « Vous avez des places ? » Andréa sortit les deux précieux billets et les tendit à l'homme face à elle. Il les détailla, les retourna, les regarda par transparence, dévisagea la femme et s'écarta. Elle passa et se retourna pour prendre la main de son mari, soulagée d'être passée, mais le militaire l'empêchait d'entrer. « Vous ne pouvez pas entrer sans place monsieur ! » Andréa se retourna vers lui : « Mais c'est mon mari ! Nous avons deux places !

-Vous êtes enceinte madame. Deux places c'est pour vous et le bébé. Si vous voulez que votre mari entre, laissez donc le bébé dehors ! » Il éclata de rire mais la femme ne comprit pas tout de suite. Elle fut saisie par le bras pour être emmenée plus loin mais elle sortit vite de sa torpeur et hurla : « NON ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Bertrand ! » Ce dernier lui sourit, haussa les épaules, murmura qu'il l'aimait et pointa le revolver de son père sur sa tempe avant de tirer. Ce fut si brusque que son épouse ne réalisa d'abord pas ce qu'il venait de se passer. C'est en voyant les militaires crier et saisir le corps, une flaque de sang s'agrandissant à leurs pieds, qu'elle comprit et se mit à hurler de nouveau, à se débattre. Un deuxième homme la saisit et elle fut emmenée de force dans une sorte d'énorme garage souterrain. Une petite centaine de personnes, principalement des femmes, étaient rassemblées déjà, mais personne ne semble la remarquer.

Un homme en blouse blanche s'approcha d'Andréa et, sans lui poser la moindre question, lui piqua le bras. Très vite, elle se sentit mal, fatiguée. On la porta sur un lit de fortune près d'une femme d'une trentaine d'années serrant contre elle un nourrisson. Elle n'était plus en état de penser. Elle avait la douloureuse sensation de vivre comme à l'extérieur de son corps. Revoyant sans cesse le regard bleu de son mari, ses lèvres prononcer des mots d'amour, puis la détonation, l'éclair rouge, l'odeur de brûlure et de sang... Elle émergeait alors en pleurant, regardait autour d'elle et de nouveau, elle revoyait son époux, éloigné par les militaires, leurs mots : « Laissez donc le bébé dehors... », les yeux bleus, les cheveux blonds soulevés par le tir, les mots d'amour, l'odeur de brûlé... 

Elle ne sut pas depuis combien de temps elle était dans cet état quand elle sentit des bras autour de ses épaules. Sa voisine venait de l'enlacer et lui murmurait des mots amicaux qu'elle ne comprenait pas. Le silence régnait d'une manière étrange. Les militaires les avaient rejoints. Il y avait désormais presque deux cents personnes dans ce hangar souterrain, dans cette tombe... On entendit un grondement sourd et la lumière s'éteint soudain. Andréa murmura : « Quel dommage... On ne saura jamais si les Mayas avaient raison... »








Humanité
de
Kristoff Valla


L’holotélévision est toujours allumée lorsque je reviens dans le salon. La même chaîne d’information. Celle que Holly regarde au bureau, sur l’écran trop petit de son ordinateur. « Grande Gueule » Van Zandt, le capitaine du neuvième district, n’aime pas qu’elle utilise ainsi, pour des motifs personnels, le matériel du commissariat. Mais le détective Holly Calloway prétend que ce lien virtuel lui permet de rester en contact avec le monde. Lorsque j’essaie de lui faire remarquer que les informations qu’elle voit défiler devant elle ne correspondent pas à la réalité, mais juste à une version passée à travers le filtre des médias, elle se contente de rire.
« C’est justement pour cette raison qu’il s’agit de la vision la plus juste de notre monde » me rétorque-t-elle avec son sourire mutin. Mes programmes d’analyse et de communications supposent qu’elle se moque sans doute de moi.
Pourtant, j’insiste, ce sont sempiternellement les mêmes nouvelles qui reviennent en boucle. Les organiques ont-ils besoin de les entendre sans cesse répétées pour qu’elles deviennent finalement réelles dans leur univers d’images et d’apparences ?

Dans le salon de l’appartement de Holly, une journaliste aux traits trop lisses commente les derniers événements de la nuit.

« … aujourd’hui que s’ouvre, au sénat, un débat qui s’annonce passionné et passionnant. La question essentielle, née des progrès fulgurants réalisés ces dernières années en matière de biocybernétique … »

Le son est trop fort. Je lance un scan des ondes présentes dans la pièce. Mon cerveau positronique repère en une nanoseconde la fréquence correspondant à l’holotélévision. D’un simple ordre mental, je baisse le volume. Télécommande intégrée. Pratique.
Je m’approche de la fenêtre aux vitres blindées. Jolie vue sur la ville depuis ce soixante-septième étage. Ce n’est pas avec son maigre salaire de flic qu’elle peut se payer ce loft luxueux. Elle a une famille, pour ça.
Il fait nuit. Il pleut. Des milliers de lumières, entités presque vivantes, étincelles vacillantes dans les rues en contrebas et sur les façades des gratte-ciels géants, témoignent que Détroit ne dort jamais. Tout comme moi.
Les humains se noient, se perdent, à travers ce dédale de béton, de verre, de métal et de néon. Anonymes. Enfermés dans leur solitude au milieu d’un jeu de miroirs où chaque regard n’est que le reflet du sien. Egarés dans un monde devenu trop petit, trop virtuel, trop vide. Pourtant, ils sont chez eux. Du moins, ils peuvent encore appeler ainsi cette planète qui continue, malgré tout ce qu’il lui font subir, à les abriter et les protéger. Chez eux.
Organiques, je vous envierais si je pouvais être capable d’un tel sentiment.
Je colle mon front contre la vitre glacée. Le derme en polymère de mes doigts caresse la surface de verre. Mes capteurs enregistrent « froid », « dur », « lisse ». Est-ce suffisant pour dire que je ressens ces choses-là ?

« … quelle place donner aux cyborgs de septième génération dans notre société actuelle… »

La journaliste au sourire figé poursuit sur un ton monocorde sa présentation bien huilée. Je ne lui accorde qu’un bref regard. Mon analyseur rétinien trace une image reconstituée de son visage et la compare à ma base de données. Tracy Chase. Cinquante-huit ans, mais les traits d’une trentenaire. Son corps a été tellement refait que l’on peut légitimement se demander si, aujourd’hui, elle reste encore la même personne qu’elle était à sa naissance. Du moins, c’est une question qui, moi, m’interpelle.
Les organiques nous ont créés à leur image. Démiurges en miniature, vouliez-vous singer votre propre prétendu Créateur ?
Je ne le pense pas. Ainsi faits, nous dérangeons moins votre sens de l’esthétique. Nous sommes plus pratiques, pas besoin d’aménager votre environnement, vos habitudes, c’est nous qui devons nous y soumettre.
Très bien. Pourtant, vous-même, comme cette Tracy Chase, semblez bien insatisfaits de votre apparence et prêts à tout pour lui donner une forme correspondant mieux à vos fantasmes intérieurs. Que cela peut-il bien signifier pour moi qui vous ressemble ? Je n’en sais rien. Mes programmes ne me permettent pas de juger de cette question. Je constate seulement que, ce qui ne ressemblait au début qu’à un choix pragmatique, vous pose désormais un problème.
Nous vous ressemblons trop. Non ?
Ou plutôt, nous avons failli devenir par trop vos semblables. Il s’agit sans doute de la raison pour laquelle, alors que la médecine sait remplacer la peau humaine des grands brûlés sans laisser plus que quelques traces infimes en guise de cicatrices, les cyborgs continuent d’être affublés d’un revêtement téflon aux reflets métalliques si caractéristiques. Votre société a su, non sans mal, dépasser les questions de couleurs au sein de votre propre espèce. Vous avez relégué les luttes entre blancs, noirs, jaunes sur les bancs des cours d’Histoire. Aujourd’hui se dessine une nouvelle ethnie que vous ne manquez pas, sans même vous en rendre compte, de mettre à l’index. Les argentés.
Il fallait bien certifier votre différence. Sinon pourquoi vous demander si nous méritons désormais, dans votre société humaine, une place autre que celle d’un simple outil ?

« … émeutes. Ainsi, de nombreuses manifestations, hostiles aux cyborgs, sont organisées dans de nombreuses villes, à travers tout le pays. Cela renforce, auprès des parlementaires, l’idée que la Charte Kilkenny des Droits et Devoirs des Etres Artificiels soit devenue aujourd’hui totalement obsolète. En particulier avec l’apparition récente de ces nouveaux modèles… »

Non, nous ne sommes pas vos égaux. Je sais à leur regard, celui de mes collègues flics que je croise tous les jours, que je ne suis pas même l’un des leurs.
Je fais bien mon boulot, je suis compétent, ils en conviennent. Hormis le gros Sal, dont tout le monde s’entend pour dire qu’il appartient à la « vieille école » - quoi que cette expression puisse signifier pour eux – aucun des autres détectives de la brigade ne rechigne à se voir assigner un cyborg comme partenaire.
« Ils font de bons auxiliaires de police ! » ai-je un jour entendu affirmer le capitaine VanZandt. Oui, tout comme les chiens et les drones de surveillance autonomes. Sauf que nous, en plus, nous pouvons ramener la voiture de patrouille si notre collègue a fait trop de zèle lors d’une enquête de proximité dans les bars à putes entre la sixième et Gibson Street. Pratique.

Le projecteur éblouissant d’une autojet aéroportée de la police balaie un instant les vitres de l’appartement. Instinctivement, je me recule derrière le montant aluminium pour échapper aux phares inquisiteurs du véhicule de patrouille. Je ressens une réelle surprise face à ma réaction. Un organique aurait-il agit différemment dans la même situation ?
J’espère que non, que ce qui nous différencie à vos yeux est bien plus ténu que vous ne le croyez. Que manque-t-il donc aux cyborgs pour que les humains cessent de nous voir comme des objets ?

« … au-delà d’une définition simplement organique. Le corps d’un cyborg de septième génération se révèle sans aucun doute tout aussi complexe que ne l’est le corps humain, explique le Docteur Kadikk, professeur au MIT et auteur de « Nouvelles formes de vie, nouvelles prises de conscience ». Il va même plus loin. Selon ce spécialiste en biocybernétique, la médecine s’appuie sur les extraordinaires progrès de la cybernétique et, à l’heure actuelle, plus de trente-cinq pour cent de la population des Etats-Unis bénéficie d’un implant ou d’améliorations biomécaniques. Alors, où se situe la frontière qui… »

Oui, où ?
Une petite parcelle d’âme ? Je suis conscient de mon existence, je suis né, je suis vivant, je vais m'éteindre. Point. Mais pour moi, il ne s’agit peut-être que d’une information parmi des milliards d’autres. Les prétendus dieux qui m’ont créé ont oublié d’introduire la notion de peur du néant dans mes circuits. Alors, forcément, je n’ai pas peur d’eux.
Comme une sorte de justification, vous pointez du doigt l’absence de sentiments. Combien de discussions entre organiques, tenues en ma présence, se sont interrompues sur cette réplique imparable : « Toi, évidemment, tu ne peux pas comprendre tout ça. Remarque, t’as plutôt du bol ! ».
Au regard de la complexité inutile que vous introduisez volontairement dans vos relations « humaines », en effet, je veux bien croire qu’il s’agisse d’une forme de chance. De fait, vous ne ressentez aucunement le besoin de nous ménager. Pour vous, notre avis est toujours objectif, dicté par une simple analyse des données présentes et enregistrables.
Seule Holly a tenté de franchir cette barrière. Voici des mois qu’elle essaie, exemples argumentés à l’appui, de m’expliquer ce que vous, organiques, ressentez.
Je peux, à travers un enchaînement d’éléments logiques ou illogiques, comprendre qu’un être humain en assassine un autre. Je suis programmé pour cela. Mais le concept de haine demeure obscur pour mes capacités électroniques d’analyse. Tout comme celui d’amour. Jusqu’à cette nuit. Est-ce par amour pour mes semblables que j’ai agi tel que je viens de le faire?
Ou bien, comme le pense Holly, la notion d’humanité se définit-elle finalement par son aptitude au libre-arbitre face aux valeurs véhiculées par une société qu’elle-même se construit ? Etait-ce cela que tu voulais m’enseigner ce soir ?
Le visage de son très cher père remplace celui de la journaliste sur l’écran plasma de l’holotélévision. Je monte aussitôt le volume à distance, mais je sais déjà ce qu’il va dire. Le chef de la police de Détroit n’a jamais caché son opinion au sujet des cyborgs.

« Bien sûr qu’ils nous ressemblent. Mais leur personnalité ne reste au final qu’un programme informatique, complexe certes, mais prévisible. Ils n’ont pas de sens moral, pas de choix à faire entre le bien et le mal, incapables d’actes gratuit ou impulsifs. Ils ne sont pas humains, tout simplement. »

En effet, cela est indéniable. Je ne suis pas humain. Un étranger dans un monde étranger. Vraiment ? Alors pourquoi m’avoir conçu si semblable à vous, pour me refuser ensuite une place à votre mesure, dans votre univers ?
Je coupe le son. Tracy Chase, impassible, poursuit son monologue muet. Ses lèvres siliconées remuent inutilement dans son visage trop parfait.
Il est temps de jouer le dernier acte. Aujourd’hui, je donne un espoir à tous les miens. Tout comme les organiques l’ont fait avant moi, je change le monde pour l’adapter à mon espèce.
Je retourne vers la chambre. Trop lentement. J’hésite peut-être. Aurai-je peur ? C’est délicieux.
Le repas de Holly, abandonné encore intact sur la table basse, est froid maintenant. Elle ne le mangera pas.
Sur la moquette crème, le verre de vin renversé a dessiné une tâche vermeille. Elle se serait sûrement amusée à imaginer, dans ces contours, une forme quelconque et fantastique. Je n’y vois qu’une tache de vin. Mais je sais parfaitement ce qu’elle signifie.
La chambre est toujours plongée dans la pénombre. Ma vision passe automatiquement en mode « LowLight » et s’adapte immédiatement à la faible luminosité ambiante. Les couleurs deviennent moins nuancées, mais aucun détail ne m’échappe.
Le lit n’est pas défait. Ses affaires sont encore là où elle les a déposées. Normal.
L’affichage digital du réveil annonce une heure trente-quatre du matin. Je vais retenir cette heure pour l’enquête.
Je ramasse mon arme de service. Pas besoin de mise en scène. Malgré l’absence d’empreintes, l’expertise légale établira sans problème l’origine de la balle et le propriétaire du revolver. De toute façon, mes microprocesseurs ont enregistré et stocké l’ensemble du déroulement de mes actes. Le film complet de la soirée.
Etendue sur la couette blanche, Holly ressemble à une madone abandonnée par son dieu. Je remarque qu’il y a très peu de sang. Comment aurions-nous pu signer autrement notre pacte ?
Contrairement à son père, elle voulait tellement croire en moi, son frère cyborg.
Je décroche son téléphone cellulaire. Je pourrais directement contacter le service des appels d’urgence grâce à ma connexion intégrée, mais je préfère composer le 911. Comme tout le monde. Comme vous.
Elle n’a jamais vu de différences entre nous. Selon elle, nous appartenons au même monde.
Du moins, elle a finalement réussi à m’en convaincre.
Merci Holly. Tu m’as ouvert les yeux. Et moi, j’ai définitivement clos les tiens.
C’est bien cela que tu voulais me dire, non ?
Aujourd’hui je suis comme vous, organiques.
Je suis libre.
Je suis.





1 commentaire:

  1. Je vote pour Solenne POURBAIX en espérant qu'elle va gagner le tournoi car sa nouvelle est original et bien écrite.

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