"Si l'art n'a pas de patrie, les artistes en ont une." Camille Saint-Saëns

"Un seul rêve est plus puissant qu'un millier de réalités." J.R.R. Tolkien

Nouveau Monde 13 : avancement du numéro

NOUVEAU MONDE n°13 "Révolution" : état d'avancement du numéro
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samedi 6 avril 2013

2ème Tournoi des Nouvellistes - 8ème de finale n°3 : Eloïse de Valsombre / Pascal Bléval aka Scalp



Vous trouverez ci-dessous le planning des duels. Cliquez sur l'icône pdf pour le visualiser.




Le huitième de finale n°2 du 2ème Tournoi des Nouvellistes a été remporté par Françoise Grenier Droesch et sa nouvelle Trauma (40 votes / 70,18 %) face à Fabienne Mirbeau et son texte intitulé Ethnologue (17 votes / 29,82 %). Françoise est donc qualifiée pour le tour suivant. Félicitations aux deux auteures pour ce duel et la qualité des deux nouvelles !

Voici à présent la 3ème huitième de finale : De Profundis d'Eloïse de Valsombre opposée à L'Arbre-Monde de Pascal Bléval aka Scalp. Lisez-les et votez ensuite, grâce au module situé tout en bas de cet article, pour votre texte préféré. Vous avez une semaine, jusqu'au vendredi 12 avril 2013, 23h59, pour voter. Celui qui aura obtenu le plus grand nombre de votes l'emportera et sera qualifié pour le tour suivant tandis que son concurrent sera éliminé.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ces nouvelles dans un commentaire, en fin d'article. Pour cela, cliquez sur le titre de l'article pour voir ce dernier en entier et descendez jusqu'en bas. Un espace réservé aux commentaires s'y trouve.

Bonne lecture et bonne chance aux duellistes !



Pour en savoir plus sur les auteurs, rien de mieux que de se rendre sur leur site / blog / page facebook. 
Pour connaître les adresses, 
rendez-vous à cet endroit.




 Huitième 
de finale  
n°3  



nouvelle n°5
De Profundis
d'Eloïse de Valsombre



       Depuis quelques temps, il revenait à la conscience. Pas à la vie, non, ceci était une histoire réglée depuis bien longtemps, mais ses sens se rappelaient lentement à lui. Il avait commencé par rêver, émergeant du néant où il avait été plongé. De nouveau, son avatar cauchemardesque arpentait des landes ravagées, soulageant du poids de leurs pathétiques existences les pauvres hères hébétés qui y erraient, sous des ciels nocturnes sans étoiles, livrés au regard livide des Deux Sœurs. Pas de petites fleurs ou de prairies ensoleillées pour peupler ses songes, ses compagnons chimériques étaient la nuit, la peur et la mort.
        Mais un jour, une déchirure, dans le paysage morbide, apparu. Son lui onirique s'y engouffra et c'est dans les rêves d'un autre, qu'il s’immisça. Il se rappela alors qu'il n'avait pas toujours été seul, que là, au dehors, de l'autre côté de la barrière de l'esprit, un monde vivant s'étalait, peuplé d'êtres tellement plus tangibles que ceux qui habitaient ses songes torturés. Tout était encore flou, dans ses souvenirs, mais il sentait, au fond de lui, que ces créatures vivantes détenaient la clef de son pouvoir perdu.
        Il se remémorait un temps où il marchait comme un dieu parmi les vivants, dispensant miséricorde et cruauté selon son bon vouloir, se nourrissant des âmes de milliers de fidèles idolâtres, usant des voix de prédicateurs déments pour propager sa parole corrompue. Une époque de lumineuse obscurité et de libations sans fin et sans faim. Il n'avait nul maître alors et la nuit lui appartenait, amante attentionnée. Elle était une compagne, une monture, une cavalière ; ils dansaient et chevauchaient ensemble, se repaissant des peurs et des vies de ceux qui croisaient leur sinistre route. Ils partageaient le trône d'un royaume de ténèbres échappant aux lois des mortels et des Dieux.
        Oui, lui pouvait se vanter d'avoir enfreint impunément les règles les plus sacrées. Il avait échappé à son inévitable fin charnelle, échangé une éternité de béatitude benoîte dans les domaines divins, peuplés de morts, contre un pouvoir intemporel sur les vivants mortels qui habitaient le monde. Et le sort lui avait même procuré cette alliée, cette amie qu'était, pour lui, la nuit. Il l'avait hantée, bien réel croquemitaine, pourvoyeur de maux, dispensateur de cauchemars. Il avait mêlé son ombre à la sienne, en un ténébreux pacte de sang.

        Cette pensée l'avait fait frémir, sans qu'il en comprenne la raison. Soudain, son cauchemar le rappela, l'aspirant comme on aspire le venin d'une vipère, mais sans le recracher. Et la solitude revint.
        De nouveau unique conscience perdue au milieu de chimères fades et bovines, il erra encore longtemps, dans les méandres de son propre esprit, avant de trouver une nouvelle déchirure, et le songe de l'autre, par delà la fine membrane brisée qui les séparait. Il passa le seuil et sentit le souffle de vie qui animait cette vision onirique. Il se promena, visitant ce monde créé par un esprit qui lui était étranger, cherchant des indices pouvant lui révéler... n'importe quoi, en fait. Le temps qu'il avait passé loin du monde, l'identité du rêveur, l'endroit où il se trouvait, quelque chose pouvant réchauffer sa mémoire engourdie, mais son onirisme macabre l'engloutit de nouveau, le livrant aux affres de la frustration. Lentement, une colère sourde commençait à le gagner et il repartit dans son inlassable quête d'une issue à son cauchemar, d'une porte ouverte qui puisse le ramener à la réalité.
       
        Et il trouva de nouvelles failles, et il explora encore et encore les pensées nocturnes de son hôte involontaire, mais, à chaque fois, il était expulsé et la privation alimentait son ire. Peu à peu, sa rage grandissait, sans sembler pouvoir s'arrêter de croître. Il y avait tant de colère, en lui, qu'elle aurait ravagé des régions entières s'il l'avait libérée, mais son esprit semblait capable de la diriger, de s'en nourrir, même ; elle alimentait ses pouvoirs somnolents.
        À chacune de ses intrusions, il découvrait qu'il pouvait agir sur l'inconscient du mortel. Au début, ce n'était que sur d'insignifiants détails, mais, à mesure que s'amplifiait son courroux, il parvenait à modifier des parts de sens du rêve. Au bout de dizaines, peut-être de centaines d'allers et retours, il avait acquis un pouvoir déterminant sur le songe de l'autre, qu'il pouvait modeler à sa guise. S'il n'arrivait toujours pas à s'y établir de manière permanente, il pouvait lutter pour y rester plus longtemps. Et il n'avait même plus à chercher les déchirures, elles apparaissaient devant lui, dans son cauchemar, comme appelées par son ardent désir d'évasion.
        Alors qu'il devenait si intime, avec les pensées de son hôte, il parvint à discerner certaines de ses sensations physiques. Il distinguait le battement de son cœur, le flux régulier de son pouls, le sang se frayant un passage dans les canaux veineux. Ce sang vif, rageur, grondant et s'agitant comme un torrent de montagne, il n'y eut bientôt plus que lui. Il occupait presque toutes ses pensées, il avait le plus grand mal à en détacher son attention. Lorsqu'il y songeait, il pouvait sentir comme un chaud et épais liquide lui couler dans la gorge, réchauffant son corps mort, réconfortant son âme damnée, apaisant son esprit. Il éprouvait du désir, pour ce sang, il le voulait, il savait, maintenant, que c'était là la clef, le sésame qui ouvrirait de nouveau les portes de son empire de noirceur et d'atrocités. Ce liquide vital était le bouquet de roses qui lui rendrait les faveurs de sa dame. 

        Ses souvenirs s'éclaircissaient peu à peu, à mesure qu'il s'enfonçait, toujours plus profondément, dans la trame des fantasmes oniriques du mortel. Il comprenait que son corps, cette enveloppe morte qui maintenait son esprit ici bas, n'avait pas la force de s'éveiller. Il était resté trop longtemps coincé, privé de nourriture. Il avait faim de vie, soif de sang. Son impérieux appétit, cette inextinguible concupiscence imposait son implacable règne sur toute forme de personnalité ou de caractère ; il n'était qu'un monstre avide, une bête livrée à ses instincts. Mais sa puissance perdue était là, juste à côté, à portée de sa pensée, si ce n'était de sa main. Il la désirait et son désir créait le besoin, qui appelait l'envie et la nécessité s'imposait, et le cycle reprenait, inlassablement. Et sa colère mûrissait, encore et encore et elle teintait les songes du rêveur qui se faisaient moites, sombres et dangereux.
        Alors, la bête se fit ruse et malice et elle ourdit un plan devant lui permettre de fouler à nouveau la terre, luttant pour faire taire ses instincts.
        Il n'était pas entré par hasard dans les rêves de ce mortel, précisément. Il semblait que celui-ci avait des capacités magiques, qu'il était le sorcier d'une tribu primitive, du moins, c'est ce qu'il avait trouvé dans ses pensées.
        Il profita de ce que les songes étaient devenus noirs et terribles pour offrir une lueur d'espoir au chaman. Il lui enseigna des rituels anciens, venus du fond des âges. Il lui dit que rien ne pourrait se faire sans sacrifice. Nuit après nuit, il revenait hanter le mage et lui envoyait ses visions de gloire et de puissance, de sang et de jouissance jusqu'à le persuader de se livrer à cette sorcellerie infâme qui le ramènerait, lui, ténébreux seigneur de la nuit, le faucheur d'âmes, parmi les malheureux mortels qui mettraient genou à terre, s'inclinant devant leur nouveau maître, revenu de l'oubli pour les dominer et s'en nourrir.
        Quand il estima sa victime prête, il lui insuffla le courage de se livrer à ces rites obscurs qu'il lui avait enseignés. Cela devait se faire en douceur, pour ne pas heurter son sens moral. Si le thaumaturge trouvait la demande raisonnable, les autres suivraient aveuglément. Les mortels étaient si influençables. Il fallait du sang, donc des sacrifices. Au début, ce ne furent que d'insignifiants animaux, rongeurs, petits oiseaux, pas de quoi étancher cette soif abyssale. Vinrent alors les animaux de basse cour, puis quelques têtes de bétail plus conséquentes, mais c'était encore bien insuffisant. Ceci n'était que pour amener à une banalisation du meurtre, le rendre acceptable, dans sa forme la plus sanguinolente. Alors, il fut prêt, ils le furent tous et le véritable cérémonial put commencer. Des êtres pensants, doués d'une culture, placés dans l’œil inquisiteur des Dieux allaient  donner leurs vies pour son avènement.
       
        Les Dieux, ils devaient être absents, cette nuit là, ou endormis, avachis sur leurs gloires imméritées, car les événements prirent un tour inattendu et fort appréciable. Il y eut des invités surprise, à ce rituel, et ces fous précipitèrent les choses, l'abreuvant  plus qu'il ne l'avait prévu.
        Et la bête but, et but encore et plus elle s'empiffrait, plus elle désirait de sang. Ce fut une boule de rage qui sortit alors des flots, émergeant avec une grande vélocité de la lagune au fond de laquelle elle avait été oubliée, se jetant sur le premier être vivant à sa portée, envoyant rouler ses deux compagnons sous l'impact. Elle plongea ses dents dans la gorge chaude et palpitante, se délectant de la suave saveur de l'hémoglobine pure, non diluée dans l'atroce goût salé de l'eau de mer. Et la bête se calma légèrement, et tous les souvenirs revinrent d'un coup, clairs, transparents, comme une révélation.
        Il y avait deux consciences en lui. La bête, pure, amorale, faite de rage, de faim, et de désirs  et le monstre, ignoble, immoral , fait de ruse, d'avidité et de vice, et aucune ne dominait l'autre, tout n'était qu'affaire de compromis et de compromissions. Le monstre laissait la bête se nourrir, la bête permettait au monstre d'assouvir ses infâmes penchants. Ils formaient un étrange duo, improbable somme de sauvagerie et de calcul et il se rappelait, maintenant, le plaisir qu'il en tirait. On prétendait que les esprits des morts, dans les royaumes divins, vivaient une éternité de bonheur. Il n'aurait pu confirmer ou réfuter cette thèse, quoique le masque de douleur et de terreur qu'arboraient souvent ses victimes puisse laisser planer un doute, mais être lui, exhumé volontaire, éternel damné, dieu parmi les insectes, était orgasmique.

        Le fluide vital ragaillardissait ses muscles sclérosés par les années d'inactivité. Il sentait affluer, en lui, une force incroyable, et lorsque enfin toute trace de vie quitta le corps de sa victime, il ressentit cette vague d'intense plaisir, cette sensation d'élévation, cette impression divine de quitter son corps, de se hisser au-dessus des sommets de la conscience, d'évoluer dans un univers de liberté pure, animale, onirique, où tout lui était possible. Il redevenait ce dieu maudit qu'il fut.
        Laissant retomber mollement le cadavre, il se redressa et se tourna vers le mortel le plus proche de lui. Le corps couvert d'un pelage brun-roux, un museau long et fin, deux oreilles triangulaires juchées sur le haut du crâne, une queue touffue, émergeant de ses chausses, c'était, comme sa victime, un azeri ; assez curieusement vêtu, d'ailleurs. Il portait une tenue à dominantes grise et noire, de belle étoffe soigneusement travaillée, et des souliers vernis à grosse boucle.
        Les azeris, il les connaissait d'ordinaire plus colorés, et moins riches. Il avait dû s'écouler bien des années pour que les coutumes dont ces nomades étaient jadis si fiers se soient à ce point émoussées. Ce curieux personnage semblait incroyablement incongru, en cet instant, comme s'il ne se trouvait pas là où il aurait dû être. Qu'est-ce qui avait bien pu le pousser  à venir se mêler à cette cérémonie ?
        Il n'eut pas le temps de trouver une réponse à sa question, si tant est qu'elle ait eu un quelconque intérêt. Il sentit le contact froid du métal pénétrer son corps. Un autre azeri, armé et armuré comme à la guerre venait de le transpercer, lui, comme si cela pouvait avoir un réel effet. Ce n'était pas comme s'il était encore vivant. Il attrapa le visage de son agresseur à pleine main et enfonça son index et son majeur dans ses orbites. Il n'eut pas à presser très fort, les globes oculaires cédèrent rapidement sous la pression, se réduisant à l'état de pulpe qu'il enfonça tout aussi aisément dans la matière cérébrale. Il ne put résister au besoin de lécher le sang qui s'écoulait de ce qui fut des yeux, avant de basculer la tête de sa téméraire proie et plonger profondément ses crocs dans sa carotide. Le goût du sang lui était toujours aussi délicieux, et il sentait que chaque gorgée le rendait un peu plus fort. Il était encore en phase de réveil et n'avait pas atteint sa pleine puissance, mais cela serait largement suffisant pour cette bande de soudards.

        Il se désintéressa vite du pourfendeur, il était déjà mort et il n'y avait aucun espoir d'atteindre l'extase funèbre, et se tourna de nouveau vers ce très intrigant personnage. Celui-ci semblait se demander à qui, ou à quoi, il avait affaire. Quelle idée saugrenue, en un tel instant. Peu importait comment on l'appelait, la mort restait la mort. Il se souvenait avoir été dénommé de bien des manières, par le passé, démon, chien maudit, vampyr, dhampyr, sombre seigneur ou encore maître mais, s'il devait se fixer, il opterait pour le nom que les orcs qui l'avaient éveillé lui avaient donné, « Sa ki anvalé san ». Simple, direct, et pourtant imagé, oui, cela serait parfait.
        Deux violents impacts sur son côté droit l'envoyèrent rouler sur le sable. Il se redressa bien vite mais, déjà, le curieux azeri s'enfuyait vers la jungle et les deux archers étaient rejoints par leurs compagnons d'armes. Une épée en travers du sternum, deux flèches profondément enfoncées entre les côtes, il se tourna résolument vers les guerriers, un sourire carnassier aux lèvres.
        Sa ki anvalé san laissa parler la bête et son langage était aussi brutal que primitif. Elle dansait entre les combattants, fauchant toujours celui qui s'y attendait le moins, évoluant plus vite que leurs confuses pensées. Elle ne frappait pas pour tuer, elle voulait les mettre hors de combat. La mort, elle se la réservait pour un moment plus... intime. Elle virevoltait donc, ignorant les blessures, brisant jambes et bras, déchirant panses et foies, exultant dans les râles du gibier.
        Bientôt, ceux qui ne gisaient pas au sol se furent enfuis et il put se livrer à son ignoble festin. Il en ressortit extatique, ivre de puissance. La bête, repue, s'était assoupie, comme une gueuse satisfaite et le monstre allait pouvoir s'amuser un peu. Les providentiels azeris allaient lui permettre d'amadouer l'animal sauvage, en lui. Il pourrait faire des orcs ses serviteurs, épargnant leurs vies et ils ne sauraient jamais qu'ils étaient passés si près de l'extinction ; mieux, ils lui seraient reconnaissants de « l'honneur » qu'il allait leur faire. Son contrôle sur le sorcier était total et c'est lui qui amena sa tribu à leur nouveau maître pour qu'il leur donne à tous quelques gouttes de son sang maudit. Ils n'auraient bientôt plus rien d'autre en tête, plus de but dans leur vie, que faire plaisir à Sa ki anvalé san, leur abominable seigneur.
        Quand il eut abreuvé chacun de ses esclaves de son essence damnée, il put s'occuper de la suite des festivités. Il aurait, sans aucun mal, pu suivre l'azeri en pourpoint de velours à la trace, dans la forêt, celui-ci laissait derrière lui de fortes effluves de déjections, mais il avait passé un accord, avec la bête. Elle s'était gavée, et elle le ferait encore, mais avant, le monstre allait pouvoir prendre les choses en mains, et il n'aimait rien tant que jouer avec les espoirs et les peurs des mortels... et l'ambiance s'y prêtait à merveille. Ses proies se trouvaient loin de chez elles, perdues au milieu de l'océan, sur une île sauvage dont elles ignoraient tout et une pluie battante inondait une ténébreuse nuit, privée de lumière céleste par la chape de plomb d'un violent orage, effet secondaire commun des puissants rituels de magie infâme.

        Entraînant avec lui ses orcs de compagnie, il s'engagea sur un sinueux sentier qui s'élevait au-dessus du lagon vers ce qui semblait être un promontoire d'où il pourrait sans doute repérer le navire qui avait mené ces visiteurs à la rencontre de leur destin.
        Il profita de la montée pour prendre la mesure de ses compagnons de fortune. Il savait déjà que leur développement technologique et philosophique n'était pas au centre de leurs préoccupations et ils devaient passer pour d'incultes barbares, aux yeux des êtres prétendument civilisés, mais ils étaient physiquement impressionnants, même au regard de leur espèce et, malgré leurs massives carrures, ils semblaient vifs et agiles comme des singes. Par ailleurs, ces superstitieuses créatures éprouvaient une crainte et un respect sacrés pour la nature. Ils semblaient entretenir une relation presque symbiotique avec leur environnement.

        Parvenu au sommet, Sa ki anvalé san n'eut aucune difficulté à repérer la galère des azeris. Sa vue était plus perçante que celle d'un faucon, mais ces idiots avaient monté tout un campement, sur la plage et allumé un grand feu qu'il était difficile de rater, dans l'obscurité de cette nuit. La chasse manquait de piment, il faudrait d'autant plus soigner la mise en scène.
        Sans qu'il ait besoin de prononcer la moindre parole, ses serviteurs dévalèrent la pente qui menait à la jungle et s’élancèrent sous les frondaisons, meute silencieuse. Leur mode de déplacement était pour le moins acrobatique. Ils évoluaient à quatre pattes, sur le sol, agrémentant leurs courses de bond subits, se raccrochant parfois à des branches ou des lianes, pour accélérer leur progression. Lui se contentait de courir, pas trop vite, pour ne pas les distancer.
        Il ne leur fallut guère longtemps pour atteindre l'orée du bois et ils s'arrêtèrent, comme un seul orc. D'où il était, Sa ki anvalé san pouvait prendre la mesure de ce campement. Trois très grandes tentes avaient été dressées en ligne et la plupart de ses proies semblaient s'y être réfugiées, avec le matériel, pour échapper à la pluie. Il ne pouvait les voir, mais, en tendant l'oreille, il parvenait à entendre leurs anodines conversations, leurs souffles, les battements paisibles de leurs cœurs.
        Une fois de plus sans ordre audible, la nuée s'élança, encerclant silencieusement le camp. Et ce fut l'assaut, brutal, furieux. Les musculeux orcs fondirent sur les azeris en hurlant. Ils frappaient avec tout ce qui avait pu leur tomber sous la main, branches, pierres, outils abandonnés sur la plage et même leurs mains nues. Ils étaient probablement déjà enclins à une certaine sauvagerie en temps ordinaire, mais cette nuit, ils avaient le goût du sang, comme les chiens qui ont mordu et qu'il faut tuer, pour qu’ils n’y reviennent pas. Ils ne s'en prenaient qu'aux marins, selon le souhait de leur maître, lui laissant les soldats.

        Le monstre n'était pas la bête. Il ne se jeta pas sur ses proies, la bave aux lèvres, les yeux injectés de sang. Non, il marchait vers eux, lentement, sereinement, comme au ralenti. Au début, ils ne prêtaient guère attention qu'à la horde sauvage qui déferlait mais, lorsqu'ils ressentirent ce mal être, cette froide et instinctive terreur que ressentent les animaux quand ils voient leur mort approcher, qu'ils eurent, dans la bouche, le goût doucereux de la transgression impie que le monstre traînait avec lui, plus fidèle que son ombre, les premiers coups l'atteignirent.
        Il ne ressentait aucune douleur. Il ne ressentait rien, ni physiquement, ni moralement, d'ailleurs. Rien d'autre que ce fugace instant de plaisir volé, son extase funèbre, lorsque le fragile équilibre de la vie bascule, que le cœur s'arrête, que le fil ténu qui maintient l'âme chevillée au corps cède dans un craquement, ce sentiment de plénitude, cette impression de trouver la lumière, dans les ténèbres. Tout le reste n'était qu’ersatz de sensations, parodie de sentiments, singerie de vie et de passion. Son prétendu règne aux côtés de la nuit n'était qu'une fuite en avant amère pour ne pas voir ce qu'il avait réellement abandonné pour ce rêve d'immortalité.

        Et voilà, la remise en question, le doute qui s'insinuait. Bientôt viendrait cette vague, très vague, sensation de nausée, puis une forme d'improbable mélancolie, l'abandon lent et veule à la dépression. Il lui fallait de nouveau du sang en quantité, il avait encore besoin de sa dose. Il en avait été privé trop longtemps et, déjà, les effets de son festin du lagon s'évanouissaient, avec son plaisir et son contentement. Alors, il se mut avec célérité et précision. Il devait respecter son plan, nulle blessure voyante ne serait infligée aux guerriers, leur sang ne coulerait pas.
        Il les étreignait donc, comme des cavalières de bal, les entraînant à tour de rôle dans une valse avec la Faucheuse, les vidant de leur essence, pompant jusqu'à la plus petite parcelle de leurs âmes, les laissant, froids, raides et secs, coquilles de chair et d'os cesser d'être, tout simplement, comme si leur existence n'avait été qu'une illusion, une errance de l'esprit. Ils n'étaient plus que des marionnettes grotesques à qui une craintive imagination nocturne avait brièvement prêté vie.

        Lorsque le dernier soldat s’effondra, mort, ses serviteurs s'égayèrent pour mettre sa mascarade en place. Le capitaine fut empalé, juste devant le feu. À ses pieds, en demi cercle autour du pal, sept de ses soudards, étendus, le visage sévère, les mains jointes, comme endormis, gardiens dignes et paisibles de celui qui fut leur chef. Le mobilier du navire fut traîné sur la plage et les derniers soldats, ainsi que les marins les moins abîmés attablés autour de choppes, comme s'ils devisaient gaiement. Enfin, les orcs creusèrent un grand trou, sur la plage, et y jetèrent tous les cadavres répugnants et poisseux de sang, abandonnés, sans plus de cérémonie, aux noirs corbeaux de l'oubli.
        Lorsque tout fut en place, Sa ki anvalé san et ses esclaves volontaires se retirèrent dans la jungle. Là, le monstre et la bête s'installèrent, avec le camp bien en vue, pour profiter du spectacle tandis que les orcs s'éparpillaient dans la forêt pour traquer d'éventuels survivants.

        Sa ki anvalé san n'eut pas à patienter longtemps. Il vit l'un des guerriers azeris dès qu'il prit pied sur la grève, émergeant de la végétation. Il sourit intérieurement en le voyant courir vers les tentes, et il savoura sa détresse quand il découvrit la scène. Le monstre se leva alors et s'apprêtait à fondre sur sa proie lorsqu'un cri s'éleva, d'un peu plus loin, suivi d'un autre, suraigu, provenant de la forêt. L'azeri du camp se cacha où il put, au milieu du charnier, et le monstre se ravisa.
        L'azeri en pourpoint de velours arrivait, pauvre petite chose effondrée, soutenue par un des soldats du rituel, pleutre survivant en sursis. À mesure que le pitoyable duo s'approchait du campement, il pouvait sentir leurs cœurs se gonfler d'espoirs, leurs esprits s'égarer vers de rassurantes terres ensoleillées. Progressivement, leur allure devenait plus vive, plus gaie. Ils semblaient plus légers, débarrassés du fardeau de l'effroi, soutenus par le bonheur d'avoir survécu, de retrouver des visages familiers, si ce n'était des amis, un feu protecteur et chaleureux. Et la pluie s'évanouissait, comme leur espérance, lorsqu'ils comprirent.

        Tous deux étaient abattus, mais Sa ki anvalé san perçut le moment où la raison du civil l'abandonna. Cet instant fatidique où l'esprit lâche prise, presque à la manière de l'âme de ses victimes, quand la réalité est juste trop difficile à supporter, que l'individu s'avère incapable d'affronter son destin, glorieux ou misérable, qu'il voit son salut lui dire adieu et s'en aller avec ses rêves.
        La nuit n'était pas terminée. Il lui restait un peu de temps avant que l'astre diurne ne lance son œil inquisiteur à sa recherche, pour peser son âme, et qu'il lui faille s'en cacher. Alors, puisque son étrange azeri s'avérait si réceptif aux jeux du monstre, il fallait faire durer un peu les choses.
        Tournant de nouveau son attention sur son petit théâtre de marionnettes, il vit son jouet tomber dans le charnier. Le pauvre hère n'était plus que cris, pleurs et gémissements. Il faillit mourir de peur quand l'autre sorti du tas de cadavres. Les soldats commencèrent à rassembler du matériel, tournant autour de leur désormais encombrant compagnon d'infortune, se préparant à lutter pour survivre, tandis qu'il avait abandonné tout espoir, anéanti, résigné, un bovin marchant vers la boucherie.
        Ils se mirent ensuite en route, regagnant la douteuse sécurité de la végétation. Un soldat devant, un autre derrière, et leur dément fardeau entre eux afin de tâcher de ne pas le perdre. Pendant un moment, Sa ki anvalé san les suivit, savourant le goût subtil de leurs vains efforts, s'amusant de la risible épave qu'ils charriaient, cherchant le moment propice pour frapper.
        Il se décida enfin, tombant sur l'arrière du petit cortège, dévorant le guerrier à quelques mètres à peine du pauvre fou, qui ne s’aperçut de rien, et le monstre se glissa de nouveau dans leur ombre, attendant le moment où la disparition inquiéterait, lorsque, sournoisement, la panique les envahirait, escortant la conscience de leur arrivée au bout du chemin. Et cela ne tarda pas. L'éclaireur était en furie, il cherchait des traces de son compagnon partout, remuant la végétation, soulevant tout ce qui aurait pu dissimuler un petit lapin, l'appelant dans la nuit. Bientôt, il se mit à secouer le pourpoint de velours, à le frapper, même, lui hurlant dessus.

        Sa ki anvalé san se trouvait maintenant derrière le dernier militaire et il prit sa vie soudainement, au beau milieu de ses invectives, le vidant, pendant que le civil s'enfuyait. Il ne mit pas longtemps à le retrouver, sa trace était claire. Ce sombre idiot s'était conduit lui-même dans une impasse. Là, entre le monstre et la falaise, pelotonné tant bien que mal dans un rachitique buisson moribond, il offrait le spectacle d'une malheureuse boule de poils tremblotante, sale et penaude. Avec lui, le monstre prendrait tout son temps, peut-être même laisserait-il la bête jouer un peu, après.









nouvelle n°6
L'Arbre-Monde
de




Le colis est arrivé par la poste, tout bêtement. Il n’y avait pas de nom d’expéditeur. Juste le cachet d’un pays dont j’ignorais tout : le Parapalagua. Il contenait une plante étrange : l’Arbre-Monde.
C’est comme ça que je l’appelle, maintenant, mais à l’époque, je croyais que c’était un banal arbre nain. « Un bonzaï », m’a expliqué mon père. Il n’a pas pu me dire où se trouve le Parapalagua. Et pourtant, il a cherché dans son encyclopédie en quarante volumes.
On l'a quand même planté dans le jardin, dès le lendemain matin.
Ensuite, Papa est parti travailler et je suis resté là, à observer cet arbrisseau bizarre, biscornu.
À un moment, il m'a semblé voir quelque chose bouger entre ses racines, et je me suis penché en avant. L’espace d’un instant, un minuscule petit être aux yeux noirs et à la peau verte m’a regardé. Il n’avait pas l’air d’avoir peur. Il était plutôt… étonné… Puis, je me suis senti aspiré, comme pris dans un trou noir.
À mon réveil, j'étais dans une forêt aux arbres tellement grands que j'en distinguais à peine le fait. Leurs frondaisons se rejoignaient et formaient un tapis vert sombre, qui empêchait presque complètement la lumière du soleil de m’atteindre. J’ai essayé de me relever, mais je me suis rendu compte que mes jambes avaient disparues. À la place, j’avais une queue de têtard translucide, et je flottais à quelques centimètres au-dessus du sol. Je n’étais pas étonné. Je m’attendais à tout. Je me suis juste trouvé un peu ridicule, et cela a achevé de me persuader que j’étais en plein rêve. Je n'aurais pas été surpris de voir filer un lapin blanc équipé d’une montre à gousset sous mon nez !
Un peu plus tard, j’ai pu observer mon reflet dans un petit lac. Je ressemblais à un fantôme à demi transparent, et je portais un sifflet autour du cou. Bizarrement, l’idée de le prendre et de souffler dedans ne m’est même pas venue. Pas tout de suite, en tout cas.
J’avais déjà remarqué que plus j’avançais vers le nord, plus la luminosité semblait devenir forte. Finalement, je vis des rayons du soleil percer les buissons. C’était vraiment très beau, comme si des doigts de lumière traversaient la végétation pour se poser sur l’herber, se refléter sur l’eau des mares, des lacs et des rivières. Je ne suis pas du genre à m’extasier devant un coin de verdure, d’habitude, mais là, ça m’a touché d’une façon étrange. Presque… Magique. Mais plus je progressais dans cette direction, plus l’air devenait chaud, et plus l’atmosphère se faisait sèche. C’est lorsque j’ai débouché sur une vaste zone dégagée que je les ai vus. Je parle des compagnons du petit être vert qui avait remarqué ma présence, juste avant d'être aspiré dans l’univers de l’Arbre-Monde. Je décidai de les nommer « Sylvains ». Ils me faisaient penser aux elfes des livres de Fantasy.
Ils se tenaient là, au bord d’une vaste étendue de sable. Ils observaient l’horizon, et ce qu’ils y voyaient ne semblait pas leur faire plaisir. J’en étais sûr et certain, à présent, à la vue de ces êtres à la peau verte : je me trouvais dans l’Arbre nain, le Bonzaï, qu’un inconnu vivant dans un pays inexistant nous avait envoyé par la poste.
Je me suis rapproché d’eux, sans qu’ils daignent seulement montrer qu’ils avaient remarqué mon apparition, et j’ai entendu leurs murmures. Au loin, s'étalait la Mort Jaune. Le désert. Ils en avaient peur, mais ils ignoraient comment vaincre un tel ennemi.
La veille, j’avais assisté à un cours sur le dérèglement climatique. Notre professeur d’écologie nous avait expliqué en long, en large et en travers, les périodes de glaciation et de réchauffement successives qu’avait connu – et que continuerait de connaître à l’avenir – notre bonne vieille terre. La leçon s’était achevée sur l’écoute d’une chanson. Le thème en était l’avancée implacable du désert en Afrique. Je n’avais pas vraiment compris les paroles, qui étaient en anglais, mais je me souvenais de l’air.
Je me suis surpris à la fredonner. La musique était toute fraiche dans ma mémoire, et les sentiments qui m'avaient envahit revenaient à présent, avec plus de puissance encore. Sans doute, de la magie parcouraient ce curieux monde de l’Arbre-Nain, sinon je ne vois pas comment expliquer ce qui s’est produit, après.
Car, à mesure que je libérais ma voix et que je chantais plus fort, j’ai commencé à ressentir une pulsion dans tout mon corps. Un battement profond et grave, accompagné d’une vibration presque douloureuse tant elle était intense.
Puis, les paroles me sont revenues. En sortant de ma bouche,  elles s'élevèrent dans l’air chauffé à blanc, formant comme une brume rougeâtre qui retombait en pluie sur le sol. J’ai soudain remarqué que je portais une lyre, et que j'en jouais sans trop comprendre pourquoi, sans trop savoir comment. C’est alors, alors seulement, que les Sylvains parurent conscients de ma présence.
         L’Arbre-Mère nous a envoyé un messager ! Il nous montre comment dompter le désert ! s’écria l’un d’entre eux en me montrant du doigt.
Je parvins à ne pas me laisser déconcentrer, et mon chant s’éleva de plus belle, couvrant les cris excités des créatures des bois. Progressivement, elles joignirent leur chant au mien, qui gagna en puissance, mais aussi en maîtrise, et en diversité. Leurs intonations, les tonalités de leurs voix se mêlaient en un ensemble majestueux, plein d’une gravité dont le souvenir me fait monter les larmes aux yeux.
Et le miracle se produisit.
Autour de nous, de petites pousses s’extirpèrent du sol sablonneux, s’assemblant pour former des buissons, ou bien s'associant pour devenir les troncs d’arbres vigoureux.
Peu à peu, le désert cédait la place à un paradis verdoyant.
Peu à peu, la vie reprenait ses droits.
Peu à peu, l’espoir revenait chez les Sylvains.
Et bientôt, ils n’eurent même plus besoin de moi pour les guider, encore moins pour les motiver.
Déjà, ils ne faisaient plus attention à moi, tout leur être arque bouté dans une direction précise, tous leurs sens braqués sur l’ennemi.
Je n’existais plus, à leurs yeux. J’avais joué mon rôle.
Au bout de sa chaine, le sifflet s’agita alors, de plus en plus fort. Comme s’il s’impatientait. Comme dans un rêve, je le portais à mes lèvres.
Il était chaud au toucher.
Je soufflais une fois dedans, une seule. Je me suis senti fatigué. Exténué.
Une main s’est posée sur mon épaule et m’a tiré de mon hébétude.
J’étais de retour dans mon corps, dans mon jardin, mon père était à mes côtés et me regardait en souriant.
J’étais allongé à côté de l’Arbre-Monde.
Je sus que tôt ou tard, j’y retournerai. Que la Magie, à nouveau, m’envelopperait dans son doux manteau. J’étais heureux à cette idée. Simplement heureux.





 
 

6 commentaires:

  1. Bonjour a tous .
    La fraicheur et la naîveté de la deuxième nouvelle est assez plaisante à lire, bien qu'elle aurait mérité de plus amples approfondissements à mon goût (ce qui reste bien sûr, à mon goût, car j'ai une impression de "pas finit"). L'écriture est souple, le style simple et elle est plutôt facile à lire. je vote donc pour celle ci.

    La premiere nouvelle, en renvanche, aborde un theme plus qu'interressant, et des idées fortes. Mais j'ai l'impression que "trop d'images tuent l'image". Elle meriterait sans doute un allègement.

    En tout cas, bravo aux auteurs et bonne chance pour la suite du tournois.

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    1. Eloïse de Valsombre8 avril 2013 à 01:28

      Un grand merci pour ce commentaire. On touche effectivement là à l'un de mes principaux questionnements, j'oscille régulièrement entre la crainte d'en faire trop et la peur de n'en faire pas assez. J'en prends donc bonne note et vous remercie chaleureusement pour ce très intéressant commentaire :). (Allez, ma fille, au boulot, vieille feignasse...)

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  2. Merci à toi, cher Anonyme, d'avoir lu et commenté. :)

    Pour information, le texte "l'Arbre-Monde" est destiné à servir de "pilote" à une futur série de contes jeunesse, ce qui peut expliquer le caractère un peu court de l'histoire, donc pas trop trop trop fouillée. J'ai voulu aller au plus simple.

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  3. Bonjour,

    J'apprécie les deux nouvelles. Mais nous sommes dans un concours, il n'y a donc qu'un gagnant !
    Deux nouvelles bien différentes, que ce soit sur le scénario, comme sur les critiques.

    En effet, il y a un style simple qui rend la lecture plus facile dans la nouvelle de Pascal Bléval. Son point faible, on aimerait en effet en avoir un peu plus sous la dent. L'arrivée dans "l'autre monde" reste à approfondir, même si le texte se veut sobre. Contrairement à la nouvelle d'Eloïse de Valsombre, qui je pense, manque de souplesse. Nous avons peu de moment pour reprendre souffle. Il faut donc s'accrocher un peu pour continuer. Mais nous avons une meilleure vue d'ensemble.

    Bonne continuation, et Miaou à tous les deux !
    ;)

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    1. Merci à toi d'être passé(e) et d'avoir laissé un commentaire, Murr. ;)

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  4. Deux nouvelles radicalement différentes, le jour et la nuit en fait.

    La nouvelle de Scalp prendra tout son relief, je pense, à la lecture des suites de la série dont elle est le "pilote". Cependant, cette nouvelle, qui se lit vite grâce à une écriture fluide et simple d'accès, constitue un agréable divertissement.

    Celle d’Éloïse est sombre, personne ne peut le nier. Stressante même. Elle est destinée à ceux qui aiment l'ambiance poisseuse et dérangeante des nuits fantastiques et sanglantes, pas au dépressif en quête de réconfort. ^^
    Vous voilà prévenus !

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