"Si l'art n'a pas de patrie, les artistes en ont une." Camille Saint-Saëns

"Un seul rêve est plus puissant qu'un millier de réalités." J.R.R. Tolkien

Nouveau Monde 13 : avancement du numéro

NOUVEAU MONDE n°13 "Révolution" : état d'avancement du numéro
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samedi 19 janvier 2013

Tournoi des Nouvellistes - Quart de finale n°4 : Caroline Romain / Alizée Villemin



Vous trouverez ci-dessous le planning du tournoi actualisé. Cliquez sur l'icône pdf pour le visualiser.




Pour en savoir plus sur les auteurs, rien de mieux que de se rendre sur leur site / blog / page facebook. 
Pour connaître les adresses, 
rendez-vous à cet endroit.



Scalp est déclaré vainqueur du 3ème quart de finale avec 53,13 % des votes (34) tandis que Christian se sort plus qu'honorablement de ce duel serré avec 30 votes (47 %). Bravo à tous les deux ! Nous retrouverons Scalp en demi-finale !  

Je précise que le quart de finale n°3 est celui pour lequel les lecteurs ont le plus voté (64 votes). Merci à vous tous qui nous suivez !


Voici maintenant enfin le dernier quart de finale du Tournoi des Nouvellistes: La dernière étincelle de Caroline Romain opposée à Dragon Ronchon d'Alizée Villemin. Lisez ou relisez les deux nouvelles et votez ensuite, grâce au module situé tout en bas de cet article, pour votre texte préféré. Vous avez une semaine, jusqu'au vendredi 25 janvier 2013, 23h59, pour voter. Celui qui aura obtenu le plus grand nombre de votes l'emportera et sera qualifié pour le tour suivant tandis que son concurrent sera éliminé.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ces nouvelles dans un commentaire, en fin d'article. Les auteurs attendent avec impatience vos retours sur leurs textes, c'est important et constructif pour eux. Pour cela, cliquez sur le titre de l'article pour voir ce dernier en entier et descendez jusqu'en bas. Un espace réservé aux commentaires s'y trouve.

Bonne lecture et bon tournoi à tous !  


Quart
de finale
n°4



 
La dernière étincelle
de
Caroline Romain




          Depuis des temps si anciens que nul être humain ne peut les comprendre ou même les imaginer, la Magie a fait naître des mondes et des univers et les parcourt comme une onde pour faire exploser la vie ça et là, au hasard... 
 
            Et un jour, c'est sur la Terre que la Magie prit racine. Elle éclata joyeusement comme un millier de bulles de savon et se répandit partout sur la petite planète. Elle creusa les volcans, déchaîna leur feu et fit jaillir l'eau qui recouvrit en grande partie le caillou autrefois stérile. Il plut longtemps, très longtemps, rendant les terres et les eaux fertiles ; et tout devint vert, bleu, air et feu.

            Alors la Magie grandit et prit une nouvelle forme. Elle se différencia en quatre êtres incroyables, dotés de pouvoirs encore plus grands, mais surtout d'une conscience naissante. Ils avaient des pensées, des désirs et des rêves. Chacun avait choisi une tâche et concentrait sa magie dessus, ils étaient l'Eau, le Feu, la Terre et l'Air. Chacun rivalisait de créativité vis-à-vis des autres et rendait chaque jour la Terre plus belle et plus vivante. L'Eau fit naître la vie animale au fond de ses océans… Elle les fit grandir et évoluer jusqu'à ce que la Terre, jalouse, les attire à la surface, puis hors des mers, et les transforme en créatures terrestres. L'Air ne pouvait en rester là, et il attira leur attention vers les cieux et des ailes pour les découvrir. Le Feu, lui, crachait sur la Terre et dans l’Eau, il obscurcissait les cieux, colérique... Mais, au creux de ses volcans, il savait aussi créer de magnifiques gemmes étincelantes.

            Cependant, le plus clair de leur temps, les quatre Elémentalistes admiraient leurs créations et la vie qui prenait ses propres chemins. Ils découvraient de nouveaux sentiments en regardant les animaux naître, grandir, s'aimer, procréer...et donner naissance à la Vie, par eux-mêmes, de leur propre magie. Eux aussi voulurent connaître ce qui semblait être la plus merveilleuse chose qui soit. Ils commencèrent alors à communiquer différemment entre eux. Jusque-là, ils se transmettaient des pensées en connexion directe, sans un mot échangé. Ils se mirent soudain à chuchoter des sons doux et mélodieux portés par les vents et les vagues. Des chants repris par les oiseaux, puis les poissons, et qui rebondissaient sur la Terre, faisant vibrer toutes les créatures. Et de ces mélopées enivrantes naquirent des nouvelles créatures : cent créatures émergeant des eaux et des terres, et même du fond des volcans ou des cieux majestueux. Elles étaient la magie de la nature elle-même, associée à la magie des quatre Elémentalistes, mais aussi à tous leurs rêves, leurs désirs et leurs émotions. Ces êtres nouveaux étaient dotés de grands pouvoirs et de l'immortalité ; ils étaient joyeux et curieux de tout... Ils étaient jeunes et pleins de vie ! Ils firent évoluer à leur tour les créatures primaires, grâce à leur amour débordant de la Vie. Voyant comment leurs disciples étaient doués, les quatre Elémentalistes, fatigués d'avoir tant accompli, s'endormirent... Mais leurs élèves n’étaient pas encore prêts et une longue nuit s'abattit finalement sur la planète... Et de nombreuses espèces primaires ou plus évoluées disparurent.

            Mais la lumière revint peu à peu … Une petite souris frôla une pierre levée bien étrange, et celle-ci prit vie sous ses yeux ébahis. Le premier des cent mages s’était éveillé. Il sentit la chaleur et la lumière sur son tout nouveau corps : il avait deux membres inférieurs, deux membres supérieurs dotés de mains et de doigts qu'il admirait. Il sentait l'herbe fraîche sous ses pieds et la vie grouillait sous sa main quand il frôlait un tronc. Il pouvait sentir tous les parfums de ce Monde renaissant et il était ébloui par les rayons du soleil. Encore une fois, la Magie avait opéré par elle-même : cette Terre voulait vivre et prospérer. Alors, le Mage eut envie de crier sa joie et il se mit à chanter si fort, qu'il réveilla tous les Autres, endormis à travers le Monde. Et tous se retrouvèrent dans la joie et l'allégresse, découvrant leur aspect inédit, ainsi que leurs nouvelles capacités. Une intense ivresse s'empara d'eux face à cet émerveillement et ils dansèrent, rirent et chantèrent encore et encore. La Magie émanait si fort d'eux, qu'un immense éclat de lumière parcourut toute la surface du globe : une vague d'évolution déferlante qui donna naissance à l'Homme !

            Quand les Mages eurent enfin fini de danser et de chanter, ils découvrirent la présence des êtres humains, qui semblaient tant leur ressembler. Ils avaient la même curiosité, la même créativité et une intelligence certaine, sans parler du fait qu'ils étaient à leur image. Les Magiciens devinrent hommes et femmes, elfes, fées, mages ou dieux, parmi les êtres humains. Ils les guidaient, partageaient leur Magie, ils étaient aussi leurs sorciers, leurs chamans... leurs guides pour aimer et respecter ce Monde... Mais ils avaient trop donné à cette espèce trop jeune ! L'Homme, par son arrogance et sa cupidité, choisit de détruire ses Dieux, de brûler ses sorciers et sorcières, de ne plus suivre ses chamans... Il créa de nouveaux Dieux sanguinaires et vengeurs, tout puissants et Il s'érigea en représentant de ces Dieux sur Terre. Il nia la Magie en toute chose. Les civilisations se sont faites et défaites, l'Homme martyrisant son prochain, sous les yeux anéantis des anciens Mages. Certains furent même détruits par ces créatures, pourtant mortelles. Ils ne riaient plus, ne chantaient plus, ne jouaient plus et leur Magie s'amenuisait avec le temps, tant Ils étaient honteux d'avoir, par mégarde, donné vie à de telles créatures et de les avoir rendues si puissantes. Ils s'enfoncèrent au plus profond des forêts, loin des êtres humains, plus proches de la nature et des bêtes que les hommes disaient « sauvages ». Ils se cachèrent dans des lieux mystérieux et magiques, qu'ils dissimulèrent à tout jamais aux yeux des humains, tels Avalon, Ys ou l'Atlantide. Mais une fois passés de l'Autre côté, Ils ne pouvaient en revenir, abandonnant à tout jamais ce Monde où Ils étaient nés.

            Un tout petit nombre est pourtant resté auprès des hommes, espérant malgré tout que cette espèce trouve le bon chemin... Un nombre qui a continué à s'amenuiser au fil des siècles...

            Nous n'étions plus que six ces derniers temps … Si peu !... Et aujourd'hui, je crois qu'il ne reste plus que moi. J'ai senti leurs lumières s'éteindre au cours de ces dernières années. Ont-ils rejoint nos terres immortelles ? Ou ont-ils été détruits par la folie des hommes ?

            Tout ce que je sais, c'est que je ne peux plus rien pour ce Monde, et que je dois garder ce qui me reste de Magie pour ouvrir un « passage »... une dernière fois. J'ai longtemps marché, très longtemps, restant à distance de toute humanité, cherchant un dernier portail magique sur cette Terre trop réaliste... Et un jour, enfin, j'ai senti la Magie vibrer à nouveau en moi, j’ai su alors que je l'avais trouvé ! Me voilà donc au seuil d'une autre dimension. Que trouverai-je de l'autre côté ? Devant ces arbres anciens et majestueux, aux troncs noueux, ces rais de lumière au travers du feuillage dense, cette mousse épaisse à mes pieds et ce chemin clair-obscur, face à cette nature extraordinaire, si petite, je médite un instant...

            Je repense à mon existence si longue ici. Ce sont les petits des hommes qui m'ont retenue plus longtemps. Eux croyaient en nous, en moi, et m'appelaient « fée » dans leurs prières et leurs rêves. Parfois, je pouvais leur apparaître pour leur donner un peu d'espoir, mais ma Magie ne pouvait guère leur apporter plus qu'un instant de fantaisie. Et il y avait tant d'enfants malheureux, meurtris ou perdus, que je ne pouvais pas tous les aider...



            Certains hommes et femmes aussi m'ont retenue : les Artistes, qui voient le Monde avec d'autres yeux... Ceux-là auraient pu changer les choses, car ils savaient que tout pouvait être différent. Ils sentaient notre présence, parce qu’au plus profond de leur être, subsistait une part de la Magie originelle. Ils nous appelaient « Muses »... Et je guidais parfois leurs plumes ou leurs pinceaux. Je leur montrais en rêve des endroits extraordinaires ou des êtres incroyables, venant de la grande mémoire de la Magie universelle... les autres Mondes nés de cette Magie. Tout comme les prières des enfants, les créations des artistes me redonnaient un peu de vie et de joie... Mais aujourd'hui, je suis si lasse ! Alors que nous sommes au 21ème siècle et que le fantastique n'a jamais fait autant recette, la vraie Magie va disparaître. Les hommes y croient sans y croire, et je perds mes forces devant ces peuples si barbares, superficiels et irrespectueux des dons qui leur ont été faits. Une fois cette forêt traversée, ce passage se refermera sur la dernière étincelle de ce qui a donné vie à tout ici bas …

            Alors, une douce mélopée m'enveloppe... Qu'est ce donc ? Chercherais-je encore un prétexte pour retarder mon départ ? Au travers de la brume épaisse qui protège le chemin, je distingue une colline ensoleillée et un gros chêne. Au pied de celui-ci, un jeune homme joue de la harpe. C'est une musique ancienne...Si ancienne !... Elle me rappelle les feux de Beltane, le grand Mage Cernunos et l'amour qui régnait dans ces temps-là... Je sens le feu qui brûle en moi, le vent dans mes longs cheveux noirs, la terre sous mes pieds, et j'entends l'eau qui coule en dessous … Je regarde encore le jeune homme, et je ne peux résister à l'envie de m'approcher de lui. Sous l'apparence d'un papillon, je volette jusqu'à un buisson, à quelques pas de lui. La musique est enivrante et il me rappelle un barde des temps anciens que j'avais un moment aimé : ses longs cheveux dorés, sa barbe naissante et ses grands yeux bleus … Je viens me poser sur son épaule et je sens cette odeur de feuillage humide ; alors je lui chuchote les anciennes paroles de cette balade, qu'il entonne à son tour, accompagné de sa harpe.

            Soudain, la musique cesse et l'homme se lève ! Je m'envole et me pose sur une branche au-dessus de lui.

            « Y a-t’il encore un peu de magie dans ce monde ? Ou sommes-nous tous perdus ? », crie-t’il  alors. « Je voudrais tellement croire encore en quelque chose … Nous en avons tellement besoin !... ». Il tombe à genoux et se met à pleurer...



            Et sur ma branche, je me demande :

            « En vaut-il la peine ? En valent-ils encore la peine ? »

            Je le regarde encore ... et je vois au loin la brume épaisse qui m'appelle...



                                                                       FIN 






Dragon Ronchon
d'



Plic. Ploc. Plic. Ploc…

Encore ces satanées stalactites. Y’a rien qui énerve un dragon autant qu’une stalactite en formation. C’est vrai quoi, ça dure des millénaires à se fabriquer et ça sert à rien. Mais alors, absolument à rien ! Y’a bien les Humains qui s’extasient, « ohhhhh regarde celle-là, elle ressemble à un… à une... hum hum » mais même eux se lassent au bout de quelques minutes. Imbéciles. Et nous, pauvres dragons, on supporte le bruit des gouttes qui tombent pendant des siècles. Certaines nuits, on peut même imaginer le cheminement de la goutte d’eau qui entre dans la grotte par infiltration, ruisselle le long de la concrétion calcaire, ajoutant sa touche personnelle à un édifice millénaire, et qui termine sa chute loin, loin en bas... En général, au matin de ces nuits là, on a une migraine d’enfer. Les stalactites, ça fiche la migraine, c’est moi qui vous l’dit. Foi de Dragon Ronchon.

Tiens, d’ailleurs, c’est pareil pour les Nains. Evidemment, un Nain, ça n’est pas millénaire. Mais c’est bruyant ! Vous n’avez pas idée. Ils passent leur temps à piocher. Je pioche, donc je suis, ça doit être ça l’adage des Nains. Du coup, de l’aurore au crépuscule, on peut entendre résonner les coups et leurs chansons naines. Ah oui, les chansons Naines. Ils en raffolent. Pas nous. Vous avez déjà entendu chanter un Nain ? Je ne parle pas des Nains champêtres, ceux qui poussent une brouette pleine de fleurs à côté d’un puit en pneu et d’une biche en céramique. Ceux là se tiennent à carreau, ils n’ont pas envie qu’on leur rajoute Blanche-Neige comme garde-fou. Non non, moi je parle des vrais Nains, ceux qui se croient à l’abri dans les montagnes. Ils se comportent comme l’Humain moyen qui croit être seul : ils chantent à tue-tête le dernier tube ringard, aussi fort que faux. Seulement les Humains ont vite compris qu’on ne pouvait pas chanter partout : une petite chanson fredonnée innocemment dans les bois et une flèche vous transperce le couvre-chef illico. Un petit refrain dans la montagne et on a vite fait de se retrouver sous un rocher. Alors du coup ils chantent chez eux et ils ne font de mal à personne (encore que les souris se soient syndiquées, il paraît). Mais les Nains ! Non seulement chez eux, c’est presque chez nous, étant donné que nos grottes sont souvent reliées à leurs souterrains (la géologie nous accable), mais en plus, le son rebondit le long des boyaux ! Déjà cauchemardesque au départ, après des dizaines de lieues de rebonds sur la roche une chanson naine devient une arme de destruction massive.

C’est solide un dragon, mais ça a la santé mentale fragile. Il parait que le vieux Dragon Kepon, qui habitait près d’une grande cité naine, s’est soudainement mis à parler aux fleurs. Evidemment ça pose problème, puisqu’un dragon, avec les griffes livrées en accessoire, n’a pas la précision nécessaire à la cueillette des fleurs. Du coup, il passe sa vie allongé dans l’herbe. Les Humains lui lancent des cacahuètes. C’est plutôt vexant. Et puis les Elfes sont assez contrariés, c’est leur truc la flore et ils n’aiment pas qu’on piétine leurs plates-bandes. On a bien essayé de lui parler, au vieux, on lui a même ramené ses armures-souvenirs, pour lui remémorer ses exploits passés. Rien à faire. Y’a pas à dire, une chanson naine, ça attaque.

Tiens, autre chose encore qui m’énerve. Les alchimistes. Faut toujours qu’ils rajoutent un morceau de dragon dans leur recette. Mais on y tient, nous, à nos écailles ! Après cinq cent ans passés dedans, on devient sentimental, croyez-moi ! Pensez-vous que ça les arrête ? Que nenni ! Encore, les cuistots et les apprentis sorciers ne sont pas trop dérangeants. On en rôtit un ou deux et ils se mettent subitement à cuisiner de la biche et du lapin, ou à aller chercher un rayon de lune à la place. C’est moins douloureux. Mais un alchimiste, c’est têtu et quand il s’agit de potions de grande valeur, ils s’acharnent. Plus d’un dragon s’est réveillé un matin avec une dent en moins et des écailles inscrites aux abonnés absents. Ils ont de la chance qu’on ait le sommeil lourd, c’est moi qui vous l’dis !

D’ailleurs, je planche sur un nouveau système d’alarme, qui nous permettrait de nous réveiller juste à temps pour griller les maraudeurs. Un avertisseur plutôt résistant et suffisamment simple pour que tous les dragons puissent s’en servir… Même Dragonne Mignonne, qui n’a pas inventé le fil à couper le beurre, si vous voyez ce que je veux dire… J’ai bien observé les gobelins (tiens, encore un truc qui m’énerve ça, mais on en reparlera un autre jour), et je crois que j’ai compris comment ils bidouillent leurs machins. Le souci, c’est qu’il me faudrait du cuivre, et moi, côté métal, chuis plutôt équipé or et argent. Va falloir que je lance un raid sur une ville de pauvres. Ou que j’aille sous un pont.

Ah, un pont. Vous avez pas compris pourquoi je pensais aller chercher du cuivre sous un pont, pas vrai ? Allez, rappelez-vous. Vous avez jamais croisé d’imbécile qui balance une pièce dans la flotte, pour faire un vœu ou pour payer son passage aux trolls ? Ah oui, d’ailleurs, tant qu’on y est, cette histoire de trolls, là, qui crèchent sous un pont et bouffent tous ceux qui passent, eh ben c’est une belle arnaque. Vous savez où ils sont, les trolls ? Au pub, comme tout le monde ! Et quand ils ont plus de monnaie pour payer leur Guiness, ils viennent ratisser les fonds de rivières ! Ahhh, ils ont la belle vie, ça c’est sûr ! J’aurais dû faire troll, moi ! Dragon, c’est pénible.

C’est vrai, quoi, regardez. On a des ailes magnifiques, avec une envergure de fous, capable de cacher le soleil, et on vit dans des grottes. Sérieusement. Des grottes. Minables, en plus, sans parler du chant des Nains (on va pas revenir là-dessus, ça va m’agacer, et c’est pas bon pour ma tension). Vous voyez pas où est le problème ? Ah bon ? Vous imaginez, si ça nous gratte sous l’aile gauche, déployer tout le fatras de membranes cartilagineuses DANS UNE GROTTE ? C’est un peu comme ouvrir un parapluie dans un placard, là. D’abord, on a l’air con, et ensuite on se crève un œil. Pis je vous raconte pas comment on galère pour tout remballer. Alors du coup, on doit sortir pour se gratter. Là, vous commencez à comprendre. S’étirer le matin ? Dehors. Les exercices d’assouplissement ? Dehors. Se gratter, se tourner, regarder si on a pas les griffes trop longues… DEHORS ! TOUT doit avoir lieu dehors. Même la chose, là, dont j’ai passé l’âge. Ça a quand même quelques côtés ennuyeux, pas vrai ?

Vous allez me dire, oui mais, au moins, vous êtes riches. Ben oui mais l’or, l’argent, les diamants, et tout le tintouin, on les utilise pas, on dort dessus ! Mais quels cons ! Dormir sur des diamants ! On se ferait moins mal sur des planches à clous ! Bon, au moins, l’or, c’est mou, et en piécettes ça épouse pas mal les formes. Mais bon, faut quand même le piétiner un sacré bout de temps, notre trésor, avant qu’il devienne un tantinet confortable. Non, confortable, je vais trop loin. Tolérable.

Donc, je résume. On vit dans des grottes humides pourries, avec des voisins qui nous rendent fous, on se casse une aile à chaque fois qu’on se retourne et on dort sur ce qu’il y a de pire au monde. Y’a pas à dire, ça envoie du rêve… Enfin au moins le vieil adage « l’argent ne fait pas le bonheur » que votre mémé vous ressort chaque mercredi, vous comprenez d’où il vient, maintenant. C’est parce que votre mémé, en fait, sous son fichu à fleurs, ben c’est une sacrée spécialiste en dragons.

Eh, ça vous la coupe, hein ? 

Bon. Demain, on parlera des chevaliers et des princesses. Vous allez voir, ça va vous plaire. Mais demain. Parce que là, j’ai un trésor à tasser.

Dragon Ronchon, 8ème du nom.
 


4 commentaires:

  1. Deux très bonnnes nouvelles. diffiles à départager

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  2. Deux très bonnes nouvelles en effet. Mon vote va à Dragon Ronchon, notamment parce que plus original (enfin, question de point de vue. Pas mal de parodies de l'univers fantastique traînent un peu partout ces temps-ci, mais en général se contentent de prendre le schéma typique et de faire un peu de parodie autour. A l'opposé, la mort de la magie est un thème récurrent depuis Tolkien, et les 4 éléments sont tellement omniprésents dans les histoires fantastiques qu'il faut vraiment que l'auteur soit excellent pour m'accorcher. Ici j'ai trouvé que "la dernière étincelle" y recourrait sans l'utiliser tant que ça. Dommage). Mention honorable à Caroline Romain pour le petit goût des "petits dieux", le meilleur roman de Pratchett à mon avis.

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  3. beau succèss story :) A L'H

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  4. Je vais peut être me mettre à écrire des nouvelle en tout cas ça donne envie merci ! A L'H

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