"Si l'art n'a pas de patrie, les artistes en ont une." Camille Saint-Saëns

"Un seul rêve est plus puissant qu'un millier de réalités." J.R.R. Tolkien

Nouveau Monde 13 : avancement du numéro

NOUVEAU MONDE n°13 "Révolution" : état d'avancement du numéro
21%

samedi 8 décembre 2012

Tournoi des Nouvellistes - Huitième de finale n°6 : André Dupetit / Scalp



Vous trouverez ci-dessous le planning du tournoi actualisé. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.






Pour en savoir plus sur les auteurs, rien de mieux que de se rendre sur leur site / blog / page facebook. 
Pour connaître les adresses, 
rendez-vous à cet endroit.


Christian Perrot est le vainqueur du 5ème huitième de finale. Nous le retrouverons donc au tour suivant. Bravo à lui et à son "adversaire", Caliope, que nous espérons à nouveau rencontrer très bientôt sur les territoires littéraire de l'imaginaire.

Voici à présent les deux nouvelles suivantes du Tournoi des Nouvellistes. Lisez-les et votez ensuite, grâce au module situé tout en bas de cet article, pour votre texte préféré. Vous avez une semaine, jusqu'au vendredi 14 décembre 2012, 23h59, pour voter. Celui qui aura obtenu le plus grand nombre de votes l'emportera et sera qualifié pour le tour suivant tandis que son concurrent sera éliminé.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ces nouvelles dans un commentaire, en fin d'article. Les auteurs attendent avec impatience vos retours sur leurs textes, c'est important et constructif pour eux. Pour cela, cliquez sur le titre de l'article pour voir ce dernier en entier et descendez jusqu'en bas. Un espace réservé aux commentaires s'y trouve.

Bonne lecture et bon tournoi à tous !  


Huitième
de finale
n°6



nouvelle n°11
Eveil
d'
André Dupetit



      " Taisez-vous ! Fichez-moi la paiiiiiiix !!! "
Une nuit de plus à entendre ces voix murmurant des paroles sans le moindre sens, ne se souciant pas des règles les plus élémentaires de la grammaire. Sombra était au supplice depuis combien de temps déjà ? Elle en avait perdu le décompte de ces nuits où ces esprits venaient la tourmenter dans cette grotte dont elle ne pouvait fuir la proximité, fusionnant avec elle de manière si intime que des incrustations d'onyx venaient affleurer sa peau blanche comme l'albâtre telles des tumeurs.
La veille, elle avait constaté à son plus grand désarroi que ses yeux aux couleurs de l'eau vive étaient désormais des sphères de la même matière lisse et sombre.
Les esprits ne lui laissaient guère de répit, au mieux les quelques heures de morne lumière de la journée d'automne où Sombra pouvait espérer quelques heures de lourd sommeil.
Un long ululement la crispa de plus belle, mettant à vifs ses nerfs. Suivit un moment de silence inattendu, un rire cristallin et familier le rompant aussi sec.
Devant Sombra se tenait une femme d'une grande beauté, à la peau digne de la plus fine porcelaine, vêtue d'une longue toge rouge sang contrastant avec la blancheur des parties à nu de la Reine de Cristal.
" Tu sembles un peu agacée par tes nouveaux locataires ? Demanda-t-elle d'un ton léger en regardant alentours d'un regard aussi bleu que dur, comme défiant quelconque créature de l'au-delà de venir la contredire. Peu importe, j'ai pour toi une mission importante à te confier. Des intrus errent dans la foret, je ne veux pas d'eux sur mes terres. Tu as la charge de les éliminer. "
Sombra se souvenait dans sa chair tout refus qu'elle aurait pu formuler, des sévices des plus douloureux...Elle se contenta d’acquiescer, en demandant d'une voix brisée : "Les chasser ?
- Les E.LI.MI.NER ! Que ne comprends-tu pas dans ce mot ? Je n'aime pas me répéter, tu les sais bien ! "
La jeune femme reçut la gifle cinglante de la frêle Reine, comme si elle avait été assénée par l'Ogre de la Montagne en personne. Son visage brûlant frappa contre la paroi de la caverne, et elle finit à genoux dans le gravier humide et glacé tapissant les lieux.
" Ah, j'oubliais...les intrus sont une bonne quinzaine, soit prudente... "
Sur ces dernières paroles, la Reine s'en fut, dans une chorégraphie de soies flottantes, d'un pas décidé vers la sortie.
Des rires sardoniques moquèrent la jeune femme abattue, et les murmures reprirent de plus belle.
Sombra se releva, et suivit le même chemin, plus vite elle en aura fini, mieux ça serait pour elle, et peut être qu'un élan de générosité améliorait le quotidien de l'habitante de la caverne sous le château ? Elle s'enfonça dans la foret, cherchant ces intrus, elle ne fit guère attention sur le coup que la foret était plutôt inhabituelle. C'est en arrivant dans une clairière étrangement carrée et tapissée d'une fine poudre blanche qu'elle prit tout d'abord pour de la neige, crissant durement sous ses pieds qu'elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais approché cet endroit.
Elle se retourna pour quitter l'endroit, pour se rendre compte que le chemin qu'elle venait d'emprunter avait disparu ! Elle fit du regard un tour d'horizon pour se rendre compte que les buissons, les arbres, les racines, formaient une barrière végétale impénétrable !
Puis vers le coin gauche, face à elle, s'ouvrirent cinq passages alors qu'à droite s'ouvraient deux autres sorties, les végétaux s'écartant avec forces craquements sinistres.
Apeurée, elle s'approcha des diverses entrées, et ne vit guère qu'à plus de quelques pas, les plantes ayant créé comme des tunnels de feuilles et de ronces. A contrecœur, elle prit la dernière " porte " qu'elle avait visitée, sur sa droite, s'enfonçant dans la noirceur du tunnel. Les frondaisons s'interpénétraient, les bas côtés étaient tout aussi impénétrables que dans la clairière d'où elle venait.
Faisant appel à ses maigres pouvoirs de magicienne déchue, elle accentua les ombres autour d'elle lorsqu'elle vit au loin se dessiner la sortie, redoutant de faire face à ces fameux intrus.
Le son habituel de la forêt fait de cris, feulements et craquements s'était tu depuis son arrivée dans la clairière, et elle entra dans une seconde clairière où la même substance de verre pilé en fine poudre recouvrait le sol. Une autre clairière carrée ! Sa raison semblait peu à peu la quitter, seule la main de l'homme pouvait créer une clairière de cette forme, et elle savait, y vivant depuis des milliers d'années, que jamais l'homme n'avait tenu plus d'une heure dans ces fourrés, chassé ou trucidé par les sbires de la Reine. Cet endroit était aussi vide que la première, et seule un autre passage, pratiquement parallèle à celui d'où Sombra venait troublait la paroi végétale l'encadrant. Elle prit ce passage avec autant de répugnance que le premier, et arriva de nouveau dans une clairière en tous points identique aux deux précédentes, ce qui fit monter en elle un sentiment de claustrophobie mêlée d'une crainte irrationnelle qui la tenaillait aux plus profond de ses entrailles. Était-ce cette absence de bruit, ce craquement sous ses pieds, ces trouées étranges dans une forêt sensée être inviolée par l'Homme, ou une somme de tous ces éléments ?
Droit devant elle se trouvait une nouvelle porte, alors qu'à sa gauche s'en ouvrait une autre et qu'à gauche se tenaient six autres, toutes accolées les unes aux autres.
" Je deviens folle, pas de doute ! " Se murmurait-elle sans cesse sans s'en rendre compte depuis quelques minutes, telle une litanie pour éloigner la folie de son esprit.
Devant l'embarras du choix qui s'ouvrait à elle, elle regretta un instant de ne pas avoir un moyen ludique pour choisir son chemin, comme un dé.
" Pas assez de faces sur ton dé de toute façons. " se fit-elle la remarque, avant de partir d'un rire dément.
De manière totalement aléatoire, elle prit sur sa droite la troisième porte, quittant la clairière étrange en sautillant d'un pas chassé, comme une gamine en balade en foret, ou jouant à la marelle, de case en case...De case en case...Cette pensée la suivit pendant un temps plus long, le tunnel étant plus étendu. Lorsqu'elle entra d'un pas guilleret d'une femme ayant pratiquement perdu la raison, elle faillit se jeter dans la gueule du loup, sous les traits d'un molosse noir comme la nuit, hurlant à la lune.
Se cachant à temps dans les ombres de son sortilège, elle annihila l'odorat de la bête d'un autre maléfice, la rendant invisible en grande partie de l'animal.
Déjà apeuré, l'animal fut tout bonnement prit de panique à ne plus pouvoir humer la moindre odeur.
Sombra amplifia la peur dans l'esprit bestial du molosse, par des images propres à le terroriser. La pauvre bête fit sous elle, l'odeur d'urine pénétrant les narines de Sombra lui confirma la terreur que ressentait désormais la créature. S'approchant en douce, elle apparut soudainement devant sa proie, la paralysant de trouille, son visage d'ordinaire si doux revêtant un masque horrible et démoniaque. Cette apparition soudaine eut raison du cœur de la bête, et elle commença à convulser dans une flaque de vomissures. Sombra n'eut aucun mal à briser la nuque de l'animal qui exhala son dernier souffle dans un gargouillis étouffé.
Cela faisait peut être près de quatre cent ans que Sombra n'avait pas fait usage de ses sorts et maléfices, c'est donc avec le souffle court qu'elle se releva lentement, s'épongeant le front de la sueur froide qui le recouvrait à l'aide de la manche de sa robe blanche.
Reprenant son souffle, la jeune femme détailla la créature qu'elle venait de tuer. Elle faisait partie de la chasse de l'Ogre de la Montagne, un rival bien connu de la Reine de Cristal. Elle l'avait maintes et maintes fois aperçue dans le château, lorsqu'elle était encore dans les bonnes grâces de sa maîtresse.
Il était accompagné par des molosses sombres de ce genre, qui attendaient leur maître à l’extérieur en grognant sur le moindre passant, prêt à le déchirer entre leurs crocs acérés à la moindre occasion donnée. Pour régler leurs conflits territoriaux, la Reine et l'Ogre jouaient d'impitoyables parties d'échecs, où souvent la Reine en sortait vaincue, ce qui la comblait de rage.
Sombra observa la créature et lui dit d'un air désolé : "
Pauvre bête, tu n'étais qu'un pion dans cette histo...un pion ! "
Au comble de l'excitation, Sombra se remémora les règles des échecs, et récapitula ses mouvements dans la forêt. Quelle pièce pouvait-elle être, ne croisant que des cases blanches depuis le début ? Elle ne voyait qu'une pièce, selon la disposition des portes à chaque fois dans des coins et ne conduisant qu'à des cases blanches, elle était un fou. Et son dernier mouvement l'avait conduite au beau milieu de l'échiquier qu'elle tentait de visualiser mentalement. Elle entendit japper un autre molosse quelque part au loin, puis le silence revint, annonçant sans nul doute la mort d'une autre bête. Elle n'était donc pas seule sur l'échiquier, d'autres personnes la soutenaient sans s'en rendre compte. Elle prit un instant à observer la clairière, ou du moins la case où elle se trouvait, regardant apparaître puis disparaître les portes, sans nul doute suite aux mouvements de ses alliés, et réduisant ou augmentant ses possibilités de mouvements. Alors qu'elle s'apprêtait à poursuivre son chemin à travers l'échiquier, une ombre démesurée sortit d'un des passages. Une créature de basalte aux traits simiesques de plusieurs coudées de haut, et large comme cinq chênes accolés, planta sa haute stature dans la zone. Le mot " Tour " fut le premier qui lui vint à l'esprit, avant même le terme " Golem de pierre ". Vaincre par la terreur, comme elle l'avait fait pour le molosse, était tout bonnement inutile sur un tel adversaire. Elle n'avait aucune chance, seule la fuite pourrait la sauver. Mais bien entendu les portes avaient disparu dès l'entrée de la chose dans ce qui n'était plus une case, mais une arène !
Espérant que la résolution du combat entre les deux pièces qu'ils représentaient ne stopperait pas la progression des autres pièces, la jeune femme devint trouble, puis s'enfonça dans les ombres, la masquant aux yeux artificiels et idiots de la créature la traquant. Cette dernière tourna en rond, cherchant sa proie en grognant de sa puissante gorge.
Les sons alentours devenaient un véritable concert de cris et combats, les feulements, hurlements, jappements ou hennissements se succédaient en continu, ce qui confortait la sorcière dans ses espoirs.
Le golem noir errait dans l'arène en balayant la moindre aspérité, pouvant cacher sa cible, de sa lourde massue, qui tenait plus du tronc d'arbre que d'autre chose.
Sombra sentait arriver ses dernières forces magiques, et tenait avec grand peine son écran d'ombres, qui commençait à s'estomper par endroits, à son grand désespoir.
Lorsque ce dernier s'effondra lamentablement, laissant à nu la femme à la peau d’albâtre face au monstre de pierre, Sombra songea un bref instant à utiliser son propre sang pour retrouver un semblant de mana pour alimenter sa sorcellerie. Mais elle n'aurait pas le temps d'user d'une telle fantaisie, la Tour allait la balayer du jeu comme un fétu de paille. A l'autre bout de la clairière, le regard obtus du golem sembla s'éclairer et la chose soupesa sa massue avant de charger comme un taureau...avant de s’arrêter net, comme s'il avait prit de plein fouet le mur d'une forteresse.
Il tomba de manière presque comique sur son fessier, sa massue lui cognant lourdement la tête, le faisant s'ébrouer comme un chien, pour retrouver ses esprits.
Au même moment, les murailles végétales disparurent en grande partie, la foret redevenant foret.
A quelques dizaines de mètres de là, une sorte de satyre au pelage sombre se tenait face à un automate de bois portant une couronne. Celle-ci tomba de la tête de bois lisse avec un bruit inattendu.
Une grosse voix bourrue retentit dans la foret :
" Échec et mat, chère Reine ! "
Un hurlement strident fut la réponse de cette dernière.
" Quant à toi, satyre, conformément à ma promesse, tu es libre d'aller où bon te semble ! "
La créature sembla rassembler toutes ses facultés mentales et répondit :
" Rentrer chez moi ! "
Une sorte de portail se dressa dans la clairière où il se trouvait, scintillant sur ses bords. Il sembla hésiter, craignant sans doute un piège vicieux de l'Ogre.
Sombra ne se fit pas prier, si la liberté pouvait se trouver de l'autre côté de ce portail, elle devait tenter sa chance !
Elle se rua donc vers le portail, imitée par une autre femme qu'elle connaissait, faite de bois comme une poupée, d'une sorte d'automate mi-homme mi-mécanisme d'horlogerie et d'un loup gris qu'elle avait déjà croisé dans la foret et qui était lui aussi au service de la Reine de Cristal. Voyant que les autres allaient s'engouffrer dans le portail, le satyre parut se décider à partir lui aussi.
Les cinq entrèrent dans un tout autre lieu, où les arbres n'étaient plus, remplacés par des énormes racines rampantes, garnies d'épines acérées. Le portail resta ouvert un moment, avant de s'effacer dans l’Éther, comme s'il n'avait jamais existé. Mais, persuadés que des molosses et des pantins des forces de l'Ogre et de la Reine les avaient suivis, certainement pour les punir de leur impudence, le groupe hétéroclite qu'ils formaient ne put s'en rendre compte. Ils prirent leurs jambes à leur cou pour semer leurs poursuivants.
Sombra, peu habituée à courir si longtemps et à un tel rythme, fut la première à ralentir, puis à s’arrêter, épuisée de tous ces efforts tant physiques que mentaux des dernières heures. Tombant à genoux sur le sol rocailleux, elle tenta difficilement de reprendre son souffle, alors que les autres finissaient par ralentir à leur tour, eux aussi éreintés. Le loup, semblait lui même sur le point de mourir, et il stoppa pour lécher les multiples blessures qu'il avait subi pendant la partie.
Il se laissa approcher par Sombra après quelques grognements, puis s'abandonna aux soins de la sorcière en soupirant : "Ta magie peut faire quelque chose ?
- je n'ai pas pour habitude de soigner les loups, encore moins ceux qui ne peuvent s'empêcher de m'interrompre avec des questions idiotes. " lui répondit d'une voix froissée la jeune femme d'un air concentré.
Les autres regardaient faire la dame blanche. Le satyre lorgnant sur les charmes à peine dévoilés de sa poitrine généreuse, la poupée de bois taillant une brindille machinalement, et l'automate soufflant de ses pistons un rien fuyants, provoquant des sifflements aigus, comme un asthmatique.
La poupée fut la première à se présenter :
" Pénochia, c'est mon nom...enfin je pense...depuis qu'on a passé le portail, j'ai l'impression d'avoir un nom bizarre, Brenda Lornes !
- On me nomme l'Horloger lui répondit l'automate entre deux sifflements. Mais effectivement, j'ai l'impression aussi de me nommer Jack Smith...
- J'ai jamais eu de nom, on m'a toujours appelé le Satyre...mais appelez-moi Greg...Tiburce. "
Le loup les regarda les uns après les autres, alors que Sombra leur tournait le dos, affairée qu'elle était à panser les plaies de l'animal.
" Le Loup, mais mon nom remonte à la surface, comme s'il était couvert de poussière ou entouré de brumes...Charles Brentford...oui, c'est ça, c'est bien ça. "
Il posa sa lourde tête sur ses pattes avant, retroussant les babines quand les plaies se refermaient sous l'afflux magique de Sombra qui puisait dans ses dernières forces, son nez saignant abondamment sous l'effort.
" Et toi, miss caillou ? " Susurra le satyre, regard planté sur la chute de reins de la demoiselle.
" Sombr...Sandra... " Répondit-elle d'une voix absente, perdue dans ses pensées. Un flux de souvenirs semblait passer dans son cerveau, comme si un barrage venait de céder et qu'ils se ruaient en elle, balayant ces milliers d'années de solitude dans cette maudite caverne.
Sandra Fraser, une famille, un fiancé, des projets de mariage, une vieille dame qui a du mal à monter un escalier, lui demandant de l'aide. Elle lui tend la main en se disant qu'elle commet une grave erreur...
Une fois Charles sur pattes, un accord presque tacite les firent reprendre la route, s'enfonçant dans ce décor étrange, où les ronces pouvaient parfois atteindre les quatre mètres de diamètre.
Chose bizarre, il ne semblait y avoir qu'une seule route, sinuant entre les racines hérissées de pointes. Se laissant guider par cette sente, ils finirent par approcher de l'entrée d'une caverne boueuse et mal odorante formée par l'entrelacement de racines par centaines. Ne pouvant reculer, ils s'y enfoncèrent, rapidement l'eau marécageuse leur arriva à mi mollets, puis à mi cuisses. De son côté, le plafond fut de plus en plus bas, jusqu'à ce que les plus grands durent baisser la tête pour pouvoir continuer à progresser.
Smith grognait en prétendant que ses rouages allaient finir par gripper et que sans doute avaient-ils omit un autre chemin, celui-ci étant de moins en moins praticable, lorsqu'une chose qui leur était inconnue tout en étant familière leur passe sous le nez. Une sorte d'étoffe craquante munie de deux anses, frappée d'un blason que Sandra reconnut : "Wal-mart " lut-elle à haute voix, alors que l'odeur, jusqu'ici mauvaise, mais naturelle, ressemblait de plus en plus à celle d'un dépotoir.
Brenda stoppa net, et pointa son doigt de bois vers le plafond. Un disque de métal était fiché dans les ronces formant le dôme de la caverne. Sans perdre de temps, Smith poussa sur cette dernière, qui lui résista un moment avant de céder, créant une trouée d'étoiles dans le vide laissé. Sandra fut la dernière à se hisser sur le toit de la caverne, pour se retrouver dans une ruelle sombre, où l'odeur d'urine assaillait son odorat. Le regard perdu, elle finit par regarder de nouveau dans le trou d'où elle venait, et put voir un égout peu ragoutant. Ses vêtements étaient imprégnés de cette odeur nauséabonde que l'on ne retrouve que dans un égout.
Aussitôt, d'autres souvenirs l'assaillirent, une famille, des amis, une ville, Boston.
Un bruit de pas aigu les fit vivement se retourner. Trois demoiselles se dirigeaient vers eux. Sandra regarda le loup, qui n'en était plus vraiment un, plus une sorte d'hybride entre le loup et l'homme, et entièrement nu, par dessus le marché !
Les trois filles, visiblement un peu éméchées le virent et se décalèrent, avec un air plutôt gêné.
La poupée se planta devant elles et demanda d'un air innocent : "On est quel jour ?
- Bah, c'est Samedi, on sort en boite le Samedi !
- de quelle année ?
- Putain, t'en tiens une belle, toi, lui répondit une autre en s'esclaffant. 2012, bien sur ! "
    En gloussant et titubant les trois jeunettes s'en furent, tournant un regard amusé par dessus leurs épaules de temps à autre, risquant à chaque fois de s'affaler dans la fange de la ruelle.
Sombra, ou du moins Sandra, les regarda partir, une moue pensive affichée sur son visage.
Elle observa les autres d'un œil critique : un pantin aux allures de poupée de bois, un type en fourrure avec des pattes et des cornes de chèvre, un type bardé de pièces mécaniques de pistons et de rouages, sifflants et lâchant de petites volutes de vapeur par intermittence, un autre aux allures de loup garou, et une femme...à quoi ressemblait-elle ? Un être à mi chemin entre l'être humain et la pierre ? Elle tâta son visage, les sphères d'onyx étaient toujours présentes dans ses orbites, ses bras étaient toujours incrustées de ces pierres lisses et douces. Comment un être humain normal pouvait ne pas remarquer et fuir de telles apparitions ?
Soit elles en tenaient une sérieuse, soit elles les voyaient d'un autre œil, leur apparence singulière étant masquée à ces humains. Car qu'étaient-ils sinon des aberrations vis à vis du reste du genre humain ? 



nouvelle n°12
Destination incorrecte
de
Scalp



« Numéro 8465 » déclame une voix métallique sortie de nulle part.
Personne ne bouge dans la vaste salle d’attente au sol recouvert d’une lourde moquette rouge. Assis sur de larges banquettes au confort spartiate, les clients patientent après avoir pris leur ticket à l’entrée, à la borne automatique.
La préposée à l’accueil, un bonnet E au décolleté plongeant surmonté d’un sourire éclatant de fraîcheur, soupire et appuie à nouveau sur le bouton d’appel.
« Numéro 8465 » répète la voix enregistrée.
Au cinquième rang sur la gauche, un homme vêtu d’un par-dessus gris relève brusquement la tête et ferme son livre, qu’il se cale sous le bras. Il empoigne nerveusement un porte-document en cuir de Lashk et se précipite vers l’hôtesse. Il affiche une mine contrite et balbutie des excuses que son interlocutrice ignore superbement.
          Numéro 8465 ? se contente-t-elle de demander d’un air absent.
          Oui, c’est bien moi, tenez, répond-il en tendant son ticket. Je suis Herbert Léonard.
          Porte de droite derrière moi, continue Miss bonnet E en lui remettant un galet guideur ovale et orné d’un petit bouton blanc, sur lequel est inscrit « bureau X_534-eB ».
          Euh… Merci, dit Herbert en décrochant les yeux du décolleté de la jeune femme.
J’aurais dû emporter mon bracelet caméra, se morigène-t-il en se laissant guider par le galet que vient de lui donner l’hôtesse d’accueil. Ou plutôt non, j’ai bien fait. Cela aurait été une perte de temps. Herbert, n’oublie pas pourquoi tu es là !
Il franchit alors une porte aux battants faits de cuivre brut et cesse aussitôt de penser à la poitrine généreuse dont il ne prendra jamais la moindre photographie en gros plan. Le gigantesque hall dans lequel il vient de pénétrer a beau être réputé dans toutes les Galaxies, il ne s’attendait pas à une telle splendeur: le plafond atteint une hauteur vertigineuse. D'ailleurs, des nuages égarés tutoient la fresque peinte à la main sur la voute centrale par le célèbre artiste Vénusien Lar’Ianus. Les semelles en cuir de ses chaussures montantes – à la mode du siècle précédent – claquent sur la titanesque dalle de marbre blanc importé de Karrar, petite planète minière de la périphérie. Des statues dorées à l'or fin et encadrées d’imposantes colonnades ponctuent à intervalles réguliers les murs de la salle. Herbert sort le guide touristique de la région, qui consacre tout un chapitre au siège social de la société des Déménageurs de l’Extrême. À lire en page trois : « La salle cuivre, ainsi nommée d’après la porte qui y donne accès, ne manque pas d’attraits bien au contraire. Notamment, vous ne pourrez manquer d’être ébloui par le sol fait d’un unique bloc de marbre de Karrar, dont le poids est estimé à près de trois mille tonnes. Les frais de transport à eux seuls auraient forcé une partie des planètes membres de la Confédération Stellaire à se déclarer aussitôt en faillite. Les très nombreux espaces clients qui parsèment les dix hectares de la salle cuivre, quant à eux, vous accueilleront sur des fauteuils particulièrement confortables, en bois véritable de Pnamur, essence rare et recherchée. Enfin, chacun des bureaux individuels est englobé dans un champ de dispersion de Hulln, qui vous dissimulera aux yeux et aux oreilles des indiscrets. »
Herbert referme le guide et lève la tête vers le plafond au moment où un chiroptère le survole. Ces petits trains volants permettent aux employés d’atteindre leur poste de travail, et aux clients de se rendre au bureau qui leur a été assigné. Herbert enfonce finalement le bouton central de son galet guideur et un plan en trois dimensions se matérialise sous ses yeux. « Le bureau X_534-eB se trouve à cinq cents mètres de vous. Veuillez suivre la flèche ». Une ligne jaune terminée par une pointe en forme de V apparaît devant Herbert et lui indique la direction à suivre. Zut, je ne vais pas avoir besoin de prendre le chiroptère, se dit-il, dépité. Il fait d'ailleurs bientôt face à un dôme argenté, englobé par une membrane irisée sous l’action du champ de Hulln. La porte s’ouvre avec un chuintement et Herbert pénètre dans la pièce. Une jeune femme l'observe, un léger sourire placardé sur son visage aux traits fins. La robe blanche encadrée d’un liseré doré dont elle est revêtue ne semble pas faite pour dissimuler ses atouts généreux. Bonnet C, mais vraiment très joli, songe Herbert tandis qu’elle se lève pour lui désigner d’un geste ample un fauteuil bas, aux larges accoudoirs. Je me demande comment ils habillent leurs employés masculins. Herbert, espèce de voyeur ! lui souffle soudain une petite voix dans sa tête. Tu te trouves ici pour une raison importante, pas pour le plaisir des yeux !
          La Compagnie des Déménageurs de l’Extrême et moi-même sommes heureuses de vous accueillir, Monsieur Léonard. Je m'appelle Miss Missmetti et je serai votre conseillère attitrée tout au long de votre aventure à nos côtés. Je suppose que vous connaissez notre activité, sinon vous ne seriez pas devant moi, dit-elle en lui tendant plusieurs plaquettes et prospectus sur papier glacé.
          Oui, je connais tout ça, marmonne Herbert.
          Vous savez donc que nous ne nous occupons pas du simple transfert de vos meubles et objets personnels d’une planète à la suivante, fut-ce d’un bout à l’autre de la Confédération. Le plus souvent, nous prenons en charge le déplacement de villes entières. Mais nous ne nous limitons pas à ce type de défis logistiques. À ce titre, notre slogan parle de lui-même « Votre imagination est notre seule limite ».
          Oui, j’entends bien, Miss… Euh…
          Miss Missmetti. Avez-vous consulté nos tarifs, Monsieur Léonard ? Ils figurent parmi les plus bas du marché, car nous avons totalement automatisé nos process. Nous faisons appel aux modèles robotisés créés par notre filiale spécialisée Rob-Life. C’est une garantie de qualité et de fiabilité. Nous excluons ainsi les erreurs et les défaillances d’origine humaine. Cela nous permet d’afficher une satisfaction client proche de 100% sur la moyenne des deux cent cinquante dernières années. Nous sommes la société de service préférée, toutes planètes confédérées confondues.
          Je connais vos prix, tout à fait, et je dois dire que… commence Herbert d’une voix faible.
          De plus, l’interrompt la jeune femme, vous pouvez également bénéficier d’un échelonnement de vos paiements sur dix ans grâce à notre partenariat avec les établissements de crédit Banka-Sparta. Et selon la portée de votre projet, nous pouvons vous proposer des remises importantes ! Dites-moi tout, Monsieur Léonard. De quelle façon les Déménageurs de l’Extrême peuvent-ils vous aider à concrétiser votre rêve ?
          C'est-à-dire que… Il s’agit du… Du déplacement d’une planète.
          Mais bien sûr ! s’exclame Miss Missmetti. Votre projet est grandiose, monsieur Léonard. Laissez-moi vous dire que vous avez frappé à la bonne porte ! Nous disposons précisément de plusieurs équipes spécialisées dans ce type d’évènement. Ce qui pourrait paraître hors du commun pour la concurrence fait désormais partie de notre travail quotidien !
          Non, vous ne comprenez pas. Le déplacement a eu lieu, mais un incident est survenu.
          Vous voulez dire que vous avez déjà un dossier ouvert ici ? Ou alors que vous avez signé un contrat chez l'un de nos concurrents ? s’étonne la jeune femme en pianotant avec empressement sur son clavier. Je suis désolée, je ne vous trouve pas. Vous vous appelez Herbert Léonard, résident de la planète Makin-3, du secteur de Gilgash, c’est bien cela ?
          Mais le dossier a été enregistré au nom de notre Présidente, Madame Mélina Hugnova. Il s’agit de mon épouse, voyez-vous. Nous nous sommes mariés l’an dernier.
          Toutes mes félicitations, monsieur Léonard ! s’extasie Miss Missmetti en battant des mains. C’est tellement formidable, le mariage ! Je suis encore célibataire, mais comme je vous envie ! Donc, votre projet est enregistré sous le nom de Madame Hugnova. Oui, je l’ai trouvé ! Planète Démandre, secteur Gilgash également. Ah… Je vois, dit-elle avec un air sombre. Démandre, bien sûr.
          Oui. Comment expliquez-vous ce qui s’est produit ? Je croyais que vous étiez d’une fiabilité hors de pair ? s'exclame Herbert en se penchant en avant.
          Voyons monsieur Léonard. Vous savez aussi bien que moi que personne n’est capable de détecter à l’avance la formation d’un trou noir. Comment pouvez-vous nous le reprocher ?
          Ce trou noir existait déjà quand je n’étais qu’un enfant ! Vous vous êtes trompés de direction, le voilà le problème ! Vous deviez déposer la planète de l’autre côté de la galaxie ! À l’opposé, donc ! Ne vous moquez pas de moi !
          Allons, calmez-vous monsieur Léonard, et rassurez-vous. Notre S.A.V. réalise des merveilles, ils auront forcément une solution à vous proposer, ne croyez-vous pas ? Attendez, je vais vous donner un nouveau galet guideur. Ils ne sont pas loin.
          Ah, parce que vous avez un service médical qui se charge des résurrections ? La planète a été engloutie, dévorée, annihilée par ce cadavre de supernova ! Et tous ses habitants avec elle !
          Oui, vous faites partie des derniers survivants, c’est embêtant. Je me souviens, à présent : vous rentriez de vacances sur une frégate stellaire de classe Navigon lorsque le déménagement a eu lieu, c’est bien cela ? C’est écrit dans le rapport sur l’incident, là.
          Je n’étais pas en congés, non. Nous préparions l’arrivée de la planète dans son nouveau secteur. C’était une mission diplomatique.
          Que sont donc devenus les autres survivants ? Ceux qui vous accompagnaient, je veux dire.
          Certains sont morts dans des accidents. D’autres sont devenus fous. Je suis le dernier à avoir gardé les pieds sur terre. Enfin, je crois. Si j’étais paranoïaque, je me demanderais d’ailleurs jusqu’à quel point votre société n’est pas impliquée dans ces décès…
          Oui, bien sûr, je comprends. Pour en revenir à votre idée, la résurrection ce n’est pas pour tout de suite. Nous pouvons certainement faire quelque chose pour vous. Demi-tarif sur votre prochain projet, peut-être ?
Herbert regarde la jeune femme avec de grands yeux. Mais elle se fiche de moi, ou quoi ? songe-t-il, atterré.
          J’y pense ! s’exclame Miss Missmetti. Vous devez être en recherche d'un nouveau logement, puisque Démandre n’existe plus. À moins que vous ne comptiez ré-emménager sur votre planète natale, l’une de nos filiales possède un catalogue très fourni de logements, et ce dans toutes sortes de secteurs parmi les plus en vue.
Miss Missmetti se lève et contourne le bureau pour se rapprocher d’Herbert. Elle tient un tube métallique dans la main. Un émetteur vidéo. Que veut-elle me montrer, cette idiote ?
          En guise de dédommagement, nous vous proposons de choisir votre nouveau cadre de vie. Gratuitement ! Dans la limite d’un budget maximum raisonnable pour une personne seule, bien sûr. Regardez donc par vous-même, dit-elle en activant l’émetteur devant les yeux d’Herbert.
Tout d’abord, il ne se passe pas grand-chose. Une image floue, brouillée, un flash lumineux suivi d’un bourdonnement diffus qui emplit progressivement les oreilles d’Herbert. Puis, plus rien. Il ne sent pas son corps basculer du fauteuil sur le côté et s’écraser au sol avec un son mat. Il ne voit pas Miss Missmetti se pencher vers lui avec un étrange sourire amer et lui enfoncer une seringue dans le bras.

*

          Pauvre bougre, dit l’infirmier en regardant l’homme recroquevillé sur son lit. Je ne sais pas comment je me sentirais, si j’étais le dernier survivant d’une planète entière. Tu imagines, Mac ? demande-t-il à son collègue, qui s’apprête à nettoyer le corps tremblant d’Herbert Léonard. Dix milliards de morts, et toi tu es là comme un imbécile, debout et bien vivant au milieu d'un vaste cimetière. C’est un coup à regretter de ne pas avoir fait partie de la liste des victimes… Il y a de quoi devenir fou.
          Ce n’est pas le seul habitant de Démandre à être encore en vie, Théo. J’ai une amie qui travaille à la clinique psy du Gueffroy, sur la planète Elisandre du secteur d’à côté. Ils en ont quatre dans leur service de soin aux personnes mentalement attardées. Un dernier est hospitalisé ici même, au quatrième étage.
          Les catatoniques ? Tu m’as l’air bien informé, Mac.
          Ouais, je me tiens au courant et c’est tout. Bon, tu m’aides où tu attends la pause ?
          Ne t’énerve pas, Mac. Je suis encore là et je fais ce que je peux pour te donner un coup de main, je te signale. Mais tu penses que les Déménageurs de l’Extrême ont pu commettre une erreur ? Il paraît que c’est de leur faute si la planète a été dévorée par un trou noir.
          C’est des conneries, tout ça. C’est une autre société qui leur avait piqué le contrat sous le nez, en fait. Déménage-Éco, ils s’appellent. « Éco » pour « économique ». Tu parles. C’était leur premier gros coup, mais vu comment ils se sont plantés ils ne risquent pas d’avoir de nouveaux clients de sitôt.
          Oui, à leur place, je mettrais la clé sous la porte et je me cacherais en périphérie chez les sauvages, renchérit Théo, convaincu par la version de Mac.
          C’est raté. Ils sont en prison et quand ils sortiront de leur trou ce sera pour sauter dans un cercueil.
          Dix milliards de victimes, quand même. La peine de mort, c'est le minimum. Ah ! s’exclame Théo en entendant sa montre émettre une petite musique. C’est l’heure de ma pause. Désolé, Mac. À tout à l’heure, hein ?
          C’est ça, ouais, laisse-moi me démerder avec le patient, comme d’hab’, grogne Mac en regardant son collègue quitter la pièce puis revenir en arrière l’espace d’un instant.
         Ça ne t’a pas dérangé tant que ça avec la jeune, si ? s’esclaffe Théo avant de s’éloigner dans le couloir.
Resté seul dans la chambre, Mac se tourne vers Herbert. Il débranche l’électrocardiogramme puis dévisse lentement le goutte-à-goutte relié au bras du patient prostré. Il en remplace ensuite le contenu par une poche remplie d’un liquide transparent avant de le remettre en place, toujours aussi soigneusement.
          Désolé, mon gars. Rien de personnel, hein, mais les ordres c’est les ordres. Faut bien vivre, dit l’infirmier en observant le visage d’Herbert se figer puis se contracter sous l’effet d’une douleur soudaine.
Mac intervertit à nouveau les poches du goutte-à-goutte et rebranche l’électrocardiogramme. Dans la salle des médecins de garde, il n’y a personne pour voir clignoter l’alarme de la chambre 36. Herbert Léonard, trente-six ans, ex-résident de la planète Makin-3, est déclaré en état de mort cérébrale deux heures plus tard ce mardi 4 novembre 2324, par le médecin-chef de l’hôpital Lania du secteur de Gilgash.
   Ainsi va la vie.





7 commentaires:

  1. J'ai trouvé l'idée de départ d'André vraiment bonne, mais j'ai été gênée par le trop grand changement de décors ( forêt en fait échiquier, sympa, puis le passage le passage dans le passage et notre monde), il manque juste un je ne sais quoi pour lier et alléger, à mon goût.

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    1. Le format nouvelle était peut-être trop restreint pour faire tenir l'histoire entière ^^ un plus grand développement aurait peut être été plus propice.

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    2. En effet!! Plus développé l'histoire serait parfaite! On aurait plus le temps de s'immerger dans chacune des atmosphères!!
      En attendant chapeau, parce que malgré tout ce n'est pas évident de faire tenir autant d'idées et une ambiance dans si peu de lignes!

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  2. Snif, je n'ai pas de commentaires... :'( Aramys !!! Help me !!!

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  3. Vu que j'ai laissé un commentaire à André, pas de jaloux!!
    Mon impression a été: simple et efficace. C'est guère constructif malheureusement...

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  4. La nouvelle d'André Dupetit est pleine d'inventivité. J'en veux pour preuve cette partie d'échecs originale. Cependant, l'ensemble aurait mérité plus de développement, en effet.

    Le texte de Scalp propose des idées parfaitement séduisantes qui ont su retenir mon attention. Beau travail !

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  5. Merci à vous deux pour votre retour, commentateur anonyme et Aramis ! ;)

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